login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9871
Sommaire Publication complète Par article 22 / 37
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/commerce

Glissement significatif vers le protectionnisme, selon l'OMC

Bruxelles, 27/03/2009 (Agence Europe) - Publié jeudi 26 mars, le deuxième rapport de l'OMC sur l'évolution des politiques commerciales de ses pays membres en liaison avec la crise financière (pour un aperçu du premier rapport, publié fin janvier, voir EUROPE n° 9837) dénonce un « glissement significatif » vers le protectionnisme, depuis janvier. Un dérapage déjà dénoncé par la Banque mondiale le 17 mars (EUROPE n° 9865). Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, présentera son rapport lors du sommet du G20 le 2 avril à Londres, où les principales économies mondiales devraient s'engager à confier à l'OMC des rapports réguliers, à des intervalles de trois mois, sur l'état des politiques commerciales et des restrictions.

« Il y a eu un glissement significatif », avec une augmentation des droits de douane, de nouvelles mesures non tarifaires et un recours accru à des mesures défensives, qui sont des entraves au libre-échange, souligne le rapport. L'OMC s'inquiète surtout des distorsions relatives aux plans de relance économique préparés par certaines grandes économies mondiales. « Les plans de relance financiers et fiscaux ont été introduits pour lutter contre la crise, et vont dans le sens d'un retour à la croissance du commerce mondial (...). Mais certains d'entre eux comportent des éléments, tels que les aides d'État et autres subventions, qui favorisent les produits et services nationaux aux dépens des importations », explique l'organisation. Sont en particulier pointés du doigt, parmi les aides d'État, les soutiens aux secteurs de l'acier et de l'automobile. Les pays développés, les États-Unis et certains États membres de l'UE en tête, sont les premiers concernés, mais plusieurs économies émergentes, l'Argentine, la Chine, l'Inde et la Russie, sont aussi accusées d'avoir franchi la ligne rouge.

Si son premier rapport saluait la résistance de ses membres aux pressions protectionnistes, l'OMC admet, dans cette deuxième édition, que « la pression a été plus forte pour prévenir un chômage exponentiel face à la détérioration de la situation économique ». À Bruxelles, où il a remis jeudi son document au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, M. Lamy s'est néanmoins montré confiant, assurant « ne pas penser qu'il y ait un risque d'une forte intensification du protectionnisme ». Selon lui, les règles actuelles de l'OMC en limitent la possibilité. Mais sans conclusion du round de Doha, ces règles laissent encore une marge de manœuvre aux pays membres. Il est donc urgent, selon l'ex-commissaire au Commerce, de boucler enfin les négociations commerciales multilatérales lancées en 2001. Et ce, d'autant plus que le commerce mondial vivra en 2009 sa plus grande contraction depuis la seconde guerre mondiale (près de 9%, voir EUROPE n° 9869).

Les mois à venir permettront de tester l'engagement attendu, lors du sommet de Londres, des 20 principales économies mondiales, développées et émergentes, qui représentent 80% des échanges mondiaux, de résister au protectionnisme. Déjà réunis à Washington en novembre 2008, les dirigeants du G20 s'y étaient engagés. Un engagement « non respecté à la lettre », déplore M. Lamy. Peu après que le directeur général de l'OMC eut dévoilé son nouveau rapport, le président brésilien Lula da Silva et le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui présidera le G20, proposaient conjointement, jeudi à São Paulo, de créer un fonds de 100 milliards de dollars pour relancer le commerce mondial. (E.H.)

Sommaire

NOTULES
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER