Bruxelles, 30/06/2008 (Agence Europe) - « Nous demeurons très inquiets quant aux conséquences économiques et surtout sociales » de l'inflation qui a atteint, avec un taux de 4% pour le mois de juin, son niveau « le plus élevé dans la zone euro depuis que nous avons la monnaie unique », a déclaré Joaquín Almunia, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, lundi 30 juin devant la commission compétente du Parlement européen (voir autre nouvelle). Il a indiqué qu'il était « clair » que les chiffres trimestriels de l'inflation seraient supérieurs à ceux prévus par la Commission européenne ainsi que, vraisemblablement, les chiffres pour l'ensemble de l'année 2008, même si une stabilisation de l'inflation est envisageable au deuxième semestre de l'année. Il a réitéré les facteurs qui expliquent cette inflation: augmentation des prix des produits énergétiques et des matières premières qui se répercutent sur les prix à la consommation.
Comment agir pour remédier à cette situation ? M. Almunia a souligné qu'il convenait de veiller à « ne pas mettre en œuvre des actions qui entraîneraient des distorsions ». À court terme, des mesures « limitées dans le temps » et « ciblées » pourront soulager les catégories de population et les secteurs d'activité les plus défavorisés, a-t-il ajouté. Concernant les salaires, la modération reste, selon lui, de mise, même si des augmentations sont envisageables si elles sont liées à des augmentations de productivité. Répondant aux députés européens accusant la Commission d'immobilisme sur la question du pouvoir d'achat, il a listé les actions déjà entreprises: le « bilan de santé » de la Politique agricole commune (PAC), le paquet législatif « Énergie/Climat », l'analyse des circuits de distribution des produits de détail, le dialogue avec les pays producteurs de pétrole, l'aide d'urgence aux pays en développement. Quant à la spéculation financière sur les prix du brut, M. Almunia a indiqué que ce phénomène exacerbe les tensions observées mais n'en constitue pas l'origine.
L'euro nous rend-il vraiment plus fort ?, a interrogé la Portugaise du PSE Elisa Ferreira. « Les prix et les taux d'intérêt ont été plus faibles que ceux que nous aurions payés si nous n'avions pas l'Union économique et monétaire (UEM). Il ne serait pas logique d'accuser l'euro du fait que le prix du pétrole et des matières premières augmente », a souligné M. Joaquín Almunia. Évoquant la récente communication de la Commission sur les dix ans de l'UEM, il a espéré que le Conseil Ecofin sera en mesure de débattre de ce dossier en octobre. Et de prôner un fonctionnement amélioré de l'UEM, en donnant notamment « un contenu réel à (sa) branche économique », sans changer les règles du traité, ni créer de nouvelles procédures. (M.B.)