Bruxelles, 30/06/2008 (Agence Europe) - Lors d'un discours prononcé vendredi 27 juin à Rome, à l'occasion du 25ème anniversaire de l'Assocarni (Associazione Nazionale Industria e Commercio Carni e Bestiame), Mariann Fischer Boel a déclaré qu'en 2008 « le secteur européen du bœuf n'est plus aussi grand qu'il ne l'était dans le passé, mais il est en bonne santé. Et bien équilibré ». La commissaire européenne à l'Agriculture a aussi donné des précisions sur ce qu'elle propose dans le « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC) pour les primes aux éleveurs de bovins.
Le secteur du bœuf dans l'UE est sain et en voici la preuve: en 2008, l'UE a budgétisé seulement 37 millions d'euros à dépenser pour des restitutions à l'exportation de viande de bœuf et 24 millions d'euros pour d'autres mesures. Et, bien entendu, les stocks publics de bœuf sont à zéro depuis le printemps 2004.
Selon Mariann Fischer Boel, ceci est un « bon point de départ pour l'avenir ». En 1984, l'UE était un exportateur net de bœuf, mais devait recourir à des instruments lourds de gestion du marché (1,4 milliard d'euros de restitutions à l'exportation et 800 millions d'euros pour l'intervention durant cette année 1984).
La commissaire a rappelé aussi la nécessité de régler le problème des restrictions sur les importations, dans l'UE, du bœuf brésilien. Moins de 100 exploitations brésiliennes sont autorisées à vendre de la viande dans l'UE, à cause de problèmes de traçabilité. « Ceci a causé à notre industrie de transformation de viande bovine des problèmes sérieux d'approvisionnement », a commenté la commissaire.
Au sujet des pourparlers à l'OMC sur le cycle de Doha, l'UE a une position « équilibrée »: « Nous acceptons une certaine augmentation dans l'accès au marché, mais nous souhaitons classer le bœuf dans la catégorie des produits sensibles ».
Après avoir vanté les mérites du découplage des aides (rupture du lien entre la prime et le volume produit), la commissaire a concédé que, dans le cadre du bilan de santé de la PAC, il faut tenir compte des préoccupations particulières dans certains secteurs et dans certaines régions. La Commission a proposé une approche progressive pour quatre primes qui sont actuellement partiellement couplées dans certains États membres: pour la prime à l'abattage des jeunes animaux, la prime à l'abattage des animaux adultes et la prime spéciale aux bovins mâles, le découplage des aides concernera 75% des aides à partir de 2010 et 100% à compter de 2012. Pour la prime à la vache allaitante, la Commission laisse aux États membres la possibilité de conserver cette aide pleinement liée aux volumes produits. (L.C.)