Bruxelles, 30/06/2008 (Agence Europe) - « Pollueur-payeur, mais le problème demeure ». Tel était l'intitulé de la conférence organisée par l'International Road Transport Union (IRU), jeudi 26 juin à Bruxelles, alors que la Commission européenne s'apprête à dévoiler son « Paquet Transport Vert » comportant une méthode d'internalisation des coûts externes. C'est cette méthode qui a été au cœur de la critique de l'IRU. Cette méthode est basée sur le principe du « pollueur-payeur », imposant aux pollueurs, les camionneurs en l'occurrence, de payer une taxe pour compenser les nuisances qu'ils produisent (émissions, bruit) via une vignette. « C'est un autre fardeau, qui risque de ne pas être utilisé pour trouver une solution à la nuisance et qui pénalise au final le pouvoir d'achat des consommateurs », a martelé Bertil Dahlin, président du comité de liaison transports de biens auprès de l'UE pour l'IRU. « La Commission base sa proposition sur un principe pollueur-payeur en contradiction avec les objectifs de la stratégie de Lisbonne de croissance durable, de création d'emplois et de compétitivité », a poursuivi le Dr. Dieter Schmidtchen, du Centre d'étude de droit et d'économie (Allemagne). Ce dernier a défendu le principe de « compensation du dommage à moindre coût » qui est une analyse coûts-bénéfices avant des prises de décisions et vise à « éviter les dépenses inutiles et à améliorer le bien-être des acteurs concernés ». Le manque de précisions quant à la définition des coûts externes, l'absence de prise en considération des taxes déjà existantes ainsi que le risque d'en faire des subventions croisées, comme l'a souligné M. Nielsen, membre de la délégation permanente de l'IRU auprès de l'UE, sont au centre des craintes concernant cette directive eurovignette. (A.D.)