Bruxelles, 30/06/2008 (Agence Europe) - Les chefs de gouvernement espagnol et français, José Luis Zapatero et François Fillon, ont conclu, jeudi 26 juin à Saragosse, un accord prévoyant la construction d'une nouvelle ligne à très haute tension entre l'Espagne et la France, qui triplera la capacité d'interconnexion électrique entre les deux pays, de 1200 à 3 600 mégawatts. L'accord sera suivi, au 1er octobre au plus tard, de la constitution d'une société conjointe à parts égales entre les deux gestionnaires de réseaux de transport espagnol et français, REE et RTE, qui pourront solliciter un soutien financier de la Commission européenne. Le consortium devra présenter un avant-projet avant le prochain sommet franco-espagnol à l'automne 2008.
D'une puissance de 400 000 volts et d'une longueur de près de 200 kilomètres, la ligne à très haute tension reliera Sentmenat, au nord de Barcelone, à Baixàs, à l'ouest de Perpignan. Elle sera opérationnelle en 2011. Le tracé définitif n'est pas encore connu, mais l'accord précise que la construction devra utiliser, dans la mesure du possible, les couloirs d'autres infrastructures existantes, tunnels routiers ou ferroviaires. L'Espagne et la France financeront à parts égales l'enfouissement du tronçon international de la ligne, sur les 50 kilomètres qui relient Baixàs à Santa Llogaia, près de Figueras. La France s'est aussi engagée à ne pas construire, à l'avenir, de nouvelle interconnexion électrique transitant par le département des Pyrénées orientales.
En souffrance depuis plus d'une quinzaine d'années, ce projet suscitait l'opposition des riverains et des écologistes, en particulier du côté français des Pyrénées. Madrid et Paris ont suivi les recommandations de Mario Monti, nommé en novembre 2007 coordinateur pour ce projet d'interconnexion reconnu « prioritaire » par le Conseil européen. Le médiateur a tranché en proposant l'enfouissement d'une partie de la ligne, une technique qui multiplie par six le coût du kilomètre de ligne, en s'appuyant dans la mesure du possible sur les infrastructures existantes. La Commission a aussitôt salué l'accord intervenu après des années de blocage, « grâce au travail remarquable de médiation et de persuasion » accompli par l'ancien commissaire européen. « Dans un délai très court, M. Monti a su identifier les questions clés qui restaient en suspens et apporter les réponses appropriées, dans le cadre d'une concertation élargie avec les populations concernées (…) Son rôle illustre bien la valeur ajoutée que peut apporter l'Europe pour faciliter la mise en œuvre de projets essentiels pour une croissance durable de notre économie », conclut le commissaire à l'Énergie, Andris Piebalgs. (E.H.)