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Bulletin Quotidien Europe N° 9693
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/zimbabwe

Les élections du 27 juin et le pouvoir de Mugabe sont « illégitimes » - L'UE en appelle à l'Union africaine pour trouver une solution

Bruxelles, 30/06/2008 (Agence Europe) - La farce électorale ayant culminé avec le second tour des élections présidentielles le 27 juin au Zimbabwe, et le président sortant Robert Mugabe, seul en lice, s'étant vu introniser le 29 juin pour un sixième mandat de cinq ans à la tête du pays, l'Union européenne répète avec force que pareilles élections ne sont ni légitimes, ni valides. Tout en comptant sur les chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA), réunis le 30 juin à Charm El-Cheikh (en présence de Robert Mugabe) pour trouver une solution à la crise, l'UE réitère sa menace de nouvelles sanctions envers les responsables de la campagne de violence et d'intimidation ayant conduit au retrait de Morgan Tsvangirai, chef du MDC, principal parti d'opposition, et vainqueur du premier tour, en mars dernier.

Dans un communiqué publié le 30 juin, Louis Michel, commissaire européen au Développement, affirme: « Compte tenu des conditions dans lesquelles ce second tour s'est déroulé, il n'est pas possible de reconnaître la légitimité du régime issu de ce scrutin. C'est une victoire usurpée, bien loin de l'esprit de renaissance qui anime l'Afrique d'aujourd'hui. Je réitère l'appel européen aux instances africaines compétentes, notamment le sommet de l'Union africaine, à trouver une solution politique à cette crise, qui prenne en compte la volonté du peuple zimbabwéen exprimée dans des conditions démocratiques acceptables ».

Dès la proclamation des résultats, M. Michel avait parlé d'une « élection de la honte ». Xavier Marchal, chef de la délégation de la Commission à Harare, s'adressant en direct à la presse de Bruxelles, par lien vidéo, a souligné, le 30 juin, que la mission panafricaine d'observation des élections avait formulé le souhait que les conditions soient réunies pour la tenue d'élections crédibles et libres, et adressé un encouragement aux dirigeants de la SADC à travailler avec l'UA pour amener le pouvoir au Zimbabwe à s'engager dans la transition. Si Franco Frattini, ministre des Affaires étrangères italien, encourage l'UE à rappeler tous ses ambassadeurs à Harare, M. Marchal juge, lui, « très important » de rester présent aux côtés de la population zimbabwéenne. « Au cours des sept dernières années qui ont vu le Zimbabwe s'enfoncer dans la crise, nous sommes restés présents pour mener un grand nombre de projets (santé, éducation de base, sécurité alimentaire, droits de l'homme et gouvernance). Il faut poursuivre car les mois à venir seront encore plus difficiles, surtout dans les zones rurales », a-t-il précisé. Au nom de l'UE, la Présidence du Conseil déclarait par écrit, le 28 juin: « L'UE regrette vivement que le peuple zimbabwéen n'ait pas pu s'exprimer librement à l'occasion de la consultation électorale du 27 juin. Celle-ci en perd toute légitimité ainsi que le pouvoir qui en est issu. L'UE réitère l'importance quelle attache à la consultation du 29 mars, seul scrutin agréé pouvant servir de base à une solution ». Ce sont les « partenaires africains qui sont les mieux placés pour promouvoir une solution à cette crise qui affecte en premier lieu le peuple zimbabwéen, mais qui nuit également à l'équilibre de la région et du continent ». Et de réitérer la menace de nouvelles sanctions « à l'encontre des responsables des événements tragiques de ces derniers mois » - sanctions que les chefs d'État et de gouvernement de l'UE avaient déjà brandies lors du dernier Conseil européen. (A.N.)

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