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Bulletin Quotidien Europe N° 9693
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/climat

Plaidoyer de Chris Davies et de GE Energy pour encourager les installations pionnières de piégage et de stockage géologique du carbone

Bruxelles, 30/06/2008 (Agence Europe) - Le débat parlementaire sur la proposition de directive visant à doter l'UE d'un cadre juridique pour encourager le piégeage et le stockage géologique du carbone (CSC) mûrit. Le texte a été débattu pour la seconde fois en commission parlementaire de l'environnement le 24 juin dernier, sur la base du projet de rapport de Chris Davies (ALDE, britannique), et la date-butoir pour les amendements est fixée au 8 juillet. Mais, de l'aveu du rapporteur lui-même, les membres de la commission ne partagent pas tous son enthousiasme pour une technologie qu'il souhaiterait voir financer par un système de double crédit (un financement de base et un droit à des allocations de crédits négociables sur le marché du carbone pour chaque tonne de carbone stockée, dans le cadre du système d'échange de quotas d'émissions), et rendre obligatoire à l'horizon 2020 pour permettre son décollage dans l'UE, via une prime aux «installations pionnières ». C'est là, selon lui, le meilleur moyen d'encourager une technologie intérimaire, certes, mais incontournable, selon lui, aussi longtemps que les centrales à charbon seront nécessaires pour couvrir une partie des besoins énergétiques (EUROPE n° 9656).

« Mon objectif est de parvenir le plus rapidement possible à un consensus. Nous avons enregistré quelques progrès en commission de l'environnement, mais de nombreux députés ont évoqué les incertitudes quant aux risques liés à cette technologie, jugent que nous allons trop vite et que des objectifs contraignants sont prématurés », a reconnu Chris Davies devant quelques journalistes, lors d'un « briefing technique » organisé avec des représentants de l'industrie électrique, à l'issue des travaux parlementaires. Si l'eurodéputé est convaincu qu'il faut accélérer le déploiement de cette technologie c'est aussi parce qu'elle est, à son avis, « essentielle si l'on veut avoir une chance de parvenir à un accord climatique post-2012 avec la Chine, l'Inde et les États-Unis ». Ces trois pays abritent 850 centrales à charbon, et « à moins de les intégrer, il est difficile d'envisager comment s'attaquer efficacement au problème des émissions de CO2 », fait-il observer. À l'appui de ces arguments politiques, John Krenicki, directeur général de GE Energy, l'un des acteurs clés dans le secteur des énergies renouvelables, du nucléaire et du charbon propre, est venu étayer, par des arguments techniques, le point de vue du rapporteur.

M. Krenicki juge que « le moment est venu de mettre en place des centrales électriques équipées » [pour la séparation du CO2 des combustibles fossiles, le transport du CO2 et son stockage: NDLR]. « La technologie est là. La technologie de l'IGCC (integrated gasification combined-cycle) existe depuis plus de quinze ans. Il faut l'adapter aux centrales électriques. La prochaine étape sera la séquestration et le stockage du carbone », a-t-il expliqué. L'annonce, le 28 mai dernier, de l'alliance pour la séquestration du carbone conclue entre GE et Schlumberger, témoigne de cette conviction qu'ont les deux entreprises de pouvoir faire avancer le CSC, en mettant à profit les systèmes IGCC de GE et l'expertise de Schlumberger en matière de stockage géologique, ainsi que ses capacités en termes de sélection, caractérisation et qualification des sites. «Il n'y a pas d'obstacles techniques. La technologie est disponible, pourquoi ne pas utiliser cette technologie dans la production électrique ? », demande M. Krenicki qui « encourage l'UE à construire des pipe-lines pour développer le charbon propre à large échelle ». Des incitants et « une politique des pouvoirs publics en faveur du charbon propre » sont à ses yeux d'une importance primordiale, car le « délai de construction est considérable ». Pour Chris Davies, les deux questions en jeu sont la sécurité et la faisabilité technique. S'agissant de la sécurité, les craintes de voir le CO2 enfoui à 2km sous terre remonter à la surface est théorique puisque « dix ans d'expérience en Norvège n'ont pas permis d'observer de migration du CO2 en dehors des limites ». « L'important c'est de mettre en place les bons contrôles ». Quant à la faisabilité, il convient, pour être prêts en 2015, de s'en donner les moyens. (A.N.)

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