Bruxelles, 14/05/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, mardi 13 mai, son intention de prolonger d'un an la suspension des droits de douane à l'importation appliqués à la plupart des céréales. Il s'agit d'une mesure pour atténuer la tension qui règne sur les marchés des céréales (forte hausse de la demande et envolée des prix). La suspension des droits à l'importation facilitera les importations dans l'Union européenne de céréales en provenance de pays tiers.
Le Conseil avait adopté en décembre un règlement suspendant les droits de douane (toutes les céréales, excepté l'avoine, le sarrasin et le millet) durant la campagne 2007/2008, qui s'achève le 30 juin 2008 (EUROPE n° 9571). La Commission compte proposer, lors d'un prochain comité de gestion, une proposition visant à prolonger cette mesure jusqu'en 2009.
Ces tarifs douaniers peuvent être remis en vigueur à tout moment, si nécessaire. L'UE, qui en temps normal est en situation d'autosuffisance pour les céréales, et importe seulement du maïs, a été importatrice nette de céréales en 2007-2008, après deux récoltes médiocres. Si les droits de douane n'avaient pas été suspendus, l'UE aurait dû payer plus cher son maïs et son sorgho pour l'alimentation animale, a expliqué la Commission.
Parmi les autres mesures envisagées figure la suppression définitive de l'obligation, imposée aux exploitants, de mettre une partie (10%) de leurs terres en jachère. Cette obligation a déjà été levée pour les semis de l'automne 2007 et ceux du printemps 2008. La remise en culture de 4 et 5 millions d'hectares devrait permettre une production supplémentaire de 30 millions de tonnes de céréales pour la prochaine campagne.
Entre février 2007 et février 2008, l'envolée des prix en Europe a été de 80% pour le blé, 28% pour le maïs, 63% pour le colza et 30% pour le lait. La Commission s'attend, à moyen terme, à une stabilisation des prix à un niveau supérieur à la décennie précédente, à cause des coûts de production en hausse. La Commission note une stagnation des rendements du blé, à cause du manque d'investissement dans la recherche et des contraintes environnementales. Les prix sont très favorables pour les cultures arables, plutôt favorables pour le lait, défavorables pour les viandes de porc, de volailles et les œufs et favorables pour la viande bovine, a commenté la Commission. S'agissant du maïs, les biocarburants ont joué un rôle sur les prix. D'après la Commission, l'objectif de 10% des biocarburants (d'ici 2020 dans la consommation totale de carburant dans chaque Etat membre) est faisable si les rendements en maïs progressent correctement (1 à 2% par an). Dans ces conditions, il y aura la place pour les biocarburants, la consommation humaine et animale, conclut la Commission. (L.C.)