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Bulletin Quotidien Europe N° 9660
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/eurogroupe

L'élan de la consolidation budgétaire s'estompe

Bruxelles, 14/05/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de l'Eurogroupe ont examiné, mardi 13 mai, l'évolution budgétaire de la zone euro en 2008 et les orientations qui se dessinent pour 2009, tout en relâchant la pression pour parvenir à l'équilibre budgétaire d'ici 2010. « Nous sommes contents de voir qu'en 2007 l'assainissement budgétaire s'est poursuivi à un rythme tout à fait acceptable, mais nous voyons des risques non pas de dérapages, mais de non continuation de cette politique vertueuse en 2008 », a prévenu Jean-Claude Juncker, à l'issue de la réunion. Selon les récentes prévisions de la Commission, la moyenne du déficit budgétaire de la zone euro s'est réduite à 0,6% en 2007, mais elle augmentera à nouveau à 1% en 2008 et à 1,1% en 2009.

Dans une déclaration commune adoptée mardi, les ministres des Quinze soulignent que « la majorité des Etats membres ont atteint leur objectif à moyen terme (OMT) et l'atteindre d'ici 2010 devrait être à la portée de la plupart des autres ». Une formulation qui semble nuancer l'obligation souscrite à Berlin en avril 2007 en vue d'atteindre l'OMT au « plus tard en 2010 ». Plusieurs pays de la zone euro n'ont pas pleinement respecté leurs engagements de consolidation structurelle décidé à l'époque, constate aussi le texte, qui précise simplement que « dans certains pays, une plus grande ambition est nécessaire pour faire des progrès substantiels vers l'OMT ». Si la déclaration commune est moins impérative sur l'échéance de 2010, le message délivré à la presse reste le même. M. Juncker rappelle ainsi la nécessité de faire preuve de « vigilance » dans l'exécution des budgets 2008 et de « prudence accrue au moment d'élaborer les projets de budgets 2009 ». Pour Joaquin Almunia, qui s'exprimait mercredi 14 mai à l'issue du Conseil Ecofin, l'objectif décidé à Berlin n'a pas disparu. Il est bel et bien mentionné, mais « dans un environnement économique tout à fait différent » qu'à l'époque, a-t-il souligné, le texte de l'Eurogroupe insistant en effet sur le caractère « inhabituellement incertain » des perspectives économiques actuelles. Selon le commissaire, les ministres se montrent à la fois « cohérents » avec les engagements d'avril 2007 et « conscients des changements intervenus » depuis dans l'économie de la zone euro. Le texte de l'Eurogroupe prescrit ainsi: de mettre en œuvre les budgets 2008 de manière rigoureuse ; d'élaborer des projets de budget pour 2009 avec prudence et, pour ceux qui ne sont pas encore à l'équilibre, de réaliser une amélioration structurelle du solde déficitaire de 0,5% du PIB ; et d'améliorer l'efficacité des dépenses publiques.

Par leurs performances récentes, la France et l'Italie, qui ne devraient pas atteindre leur OMT avant 2012 et 2011, sont principalement concernées par le risque d'une nouvelle dérive des finances publiques. Le déficit français devrait ainsi flirter avec la limite du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) cette année (2,9%) et l'atteindre en 2009 (3%), selon la Commission (après 2,7% en 2007). Paris s'expose ainsi à un rappel à l'ordre de la Commission, probablement sous la forme d'une recommandation politique. En optant pour la première fois pour cet instrument du PSC révisé, la Commission pourra inviter la France à respecter ses obligations et lui donner des conseils en ce sens, sans recourir au mécanisme d'alerte rapide (early warning) ni lancer une procédure pour déficit excessif. Elle se prononcera quoi qu'il en soit sur le cas français avant la prochaine réunion de l'Eurogroupe (probablement le 28 mai), où les ministres passeront en revue les projets de budgets pour 2009 élaborés par treize d'entre eux, dont celui de la France. (A.B.)

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