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Bulletin Quotidien Europe N° 9569
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/bce

Les risques pour la stabilité des prix persistent

Bruxelles, 19/12/2007 (Agence Europe) - « La lucidité dans le diagnostic, la rapidité de décision et l'absence de complaisance sont absolument nécessaires », a souligné, lors de son intervention devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Jean-Claude Trichet, estimant que les incertitudes actuelles pourraient conduire à des « ajustements assez douloureux » du système financier. Au lendemain de la nouvelle décision de la Banque centrale européenne (BCE) d'injecter des liquidités sur le marché monétaire, son président a aussi réaffirmé, mercredi 19 décembre, sa vigilance à l'égard de l'inflation.

Une semaine après avoir mené une action concertée avec les principales banques centrales mondiales (EUROPE n° 9564), la BCE a récidivé mardi 18 décembre, annonçant une nouvelle injection de liquidités sur les marchés financiers. Elle a en effet décidé d'allouer un montant d'une ampleur exceptionnelle (348,6 milliards d'euros) aux banques commerciales, à un taux plancher de 4,21% (inférieur aux conditions interbancaires) et pour une durée de deux semaines (jusqu'au 4 janvier 2008). Cette intervention, destinée à soulager les tensions sur le marché, vise surtout à rétablir la confiance des banques, qui rechignent à se prêter de l'argent par crainte d'éventuelles défaillances. Si certains députés ont salué cette intervention massive de la BCE, d'autres s'interrogent sur le lien entre ce type d'opérations sur le marché monétaire et la conduite de la politique monétaire. Ne confondez pas ces éléments, « nous opérons une distinction entre les deux », a indiqué M. Trichet à Dariusz Rosati (PSE, polonais) et Wolf Klinz (ADLE, allemand). Il est encore trop tôt pour tirer les leçons politiques des turbulences, mais la transparence accrue est « le maître mot aujourd'hui » pour éviter que des perturbations similaires ne se reproduisent, a-t-il confirmé à Alexander Radwan (PPE-DE, allemand).

« La période des taux d'inflation hauts temporaires devrait être plus longue que prévu initialement » a également rappelé M. Trichet, déterminé à contrer toute spirale inflationniste. Comme à l'issue de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs (EUROPE n° 9559), il est « essentiel » d'éviter les éventuelles répercussions de la hausse des prix à la consommation sur les salaires (effets de second tour), a-t-il ajouté. Réagissant aux critiques de plusieurs députés sur l'insistance des appels de la BCE à la modération salariale, M. Trichet a réaffirmé que ce message « s'adresse à tous ». Si des effets de second tour devaient apparaître l'inflation risquerait de devenir permanente, a-t-il notamment expliqué à Elisa Ferreira (PSE, portugaise), assurant que la BCE n'hésitera pas à « faire tout ce qui est nécessaire » pour ne pas compromettre ses efforts de stabilité des prix à moyen et long terme. A Astrid Lulling (ADLE, luxembourgeoise), qui lui reprochait d'être toujours disposé à prêcher la modération aux partenaires sociaux sans jamais citer les gouvernements ou la Commission européenne, il a précisé: « Nous demandons à tous ceux qui sont responsables de hausses des prix administrés et des prix indirects de ne pas décider de ces hausses ». Et de concéder à la présidente de la commission parlementaire, la socialiste française Pervenche Berès, que certains niveaux de rémunération de chefs d'entreprise ne correspondent pas à ce message général de modération. (A.B.)

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