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Bulletin Quotidien Europe N° 9569
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/amerique latine

La première session plénière de l'Assemblée EUROLAT pose les jalons de la coopération parlementaire euro-latino-américaine

Bruxelles, 19/12/2007 (Agence Europe) - « Fondée officiellement il y a un an », l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (EUROLAT) « se réunit pour la première fois en session plénière », s'est félicité Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, mardi 18 décembre devant les représentants du PE et des parlements régionaux et nationaux d'Amérique latine. Cette première session plénière d'EUROLAT depuis sa constitution en novembre 2006 (voir EUROPE n° 9304) marque le coup d'envoi de la coopération parlementaire entre les deux régions. Durant trois jours, les membres d'EUROLAT plancheront sur trois rapports concernant les changements climatiques, l'énergie, la réduction de la pauvreté et les négociations commerciales internationales, avec en point de mire le 5ème Sommet UE/Amérique latine et Caraïbes qui se tiendra à Lima en mai 2008 (voir EUROPE n°9523).

M. Pöttering a souligné l'importance de l'intégration régionale, un thème cher aux Européens, mais sans vouloir imposer le modèle communautaire aux partenaires latino-américains. « L'Amérique latine peut s'inspirer du modèle européen d'intégration et apprendre aussi de ses échecs » afin de « trouver sa propre voie ». L'UE et l'Amérique latine représentent ensemble « près d'un tiers des pays représentés à l'ONU, près d'un milliard d'habitants et près de 25% PIB mondial », a déclaré José Ignacio Salafranca (PPE-DE, espagnol), co-président d'EUROLAT. Estimant que l'institution de l'assemblée parlementaire représente « un jalon important dans l'histoire » unissant les deux régions, il a espéré que cette assemblée « puisse équilibrer les relations entre l'UE et l'Amérique latine qui (selon lui) reposent trop sur le volet intergouvernemental ». De l'avis de Jorge Pizarro Soto, président du parlement latino-américain et co-président d'EUROLAT, l'efficacité de la jeune assemblée parlementaire euro-latino-américaine dépendra de celle de chacun de ses membres. Évoquant les difficultés pratiques ayant perturbé la création de l'assemblée parlementaire, il a déploré « l'absence de représentation du Mercosur » durant cette session plénière. Les députés du Parlement du Mercosur avaient demandé, sans succès, une augmentation du nombre des membres latino-américains à EUROLAT, actuellement fixé à 60 unités.

Luís Amado, ministre portugais des Affaires étrangères, a jugé cette rencontre « typique de l'attrait » de l'UE « pour les autres régions du monde » et de l'Amérique latine « pour l'Europe ». Il a estimé que le traité de Lisbonne permettra à l'UE « d'aborder (ses) relations avec le monde d'une autre manière » et de constituer « un facteur d'équilibre dans le système international ». « Nous avons 50 ans d'expérience qui font aujourd'hui de l'Europe une référence fondamentale pour les pays et les régions qui veulent nous accompagner sur le chemin du multilatéralisme », a-t-il lancé. Le président en exercice du Conseil de l'UE a exhorté « les États de petite et de moyenne dimension » à s'intégrer et à « concentrer leurs efforts » pour s'insérer et peser dans le processus de mondialisation. Il a rappelé le lancement en juillet du nouveau partenariat stratégique avec le Brésil (voir EUROPE n°9462). Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne chargée des Relations extérieures, a loué « la représentativité et la légitimité démocratique » caractérisant EUROLAT. Elle a aussi fait état de « bons résultats » dans les négociations engagées avec « la Communauté andine » et « l'Amérique centrale » qui déboucheront sur la signature d'accords d'association (voir EUROPE n°9447, 9458)

Au nom du gouvernement slovène, qui assurera la présidence de l'UE au premier semestre 2008, Matjaž Šinkovec a fait part de l'intention de son pays de bien préparer le Sommet de Lima, qu'il considère comme « une des plus grandes réunions entre l'UE et des pays ou régions tiers ». Outre la coopération politique, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères a indiqué que la Slovénie souhaitait aussi « progresser dans le secteur commercial », car l'UE est traditionnellement un des plus importants investisseurs (« 1,1 milliard d'euros par an ») et donateurs en Amérique latine. Luis Humberto Falla Lamadrid, président de la commission des Affaires étrangères du parlement péruvien, a fait part de sa « conviction » que les deux régions seront capables d'obtenir plus ensemble que si elles agissaient séparément. Espérant que le 5ème Sommet UE/Amérique latine permettra de « s'attaquer aux problèmes qui concernent la population », M. Falla Lamadrid a assuré que le Pérou accueillerait « les bras ouverts » ses participants.

Enrique Iglesias, qui dirige le Secrétariat général ibéro-américain, a évoqué le récent sommet des pays hispanophones qui a débouché sur l'adoption du « premier pacte collectif de sécurité sociale » à destination de « 22 pays ». Depuis cinq années, la conjoncture économique favorable a permis d'améliorer les conditions socio-économiques du continent sud-américain, a-t-il rappelé, tout en se demandant « comment mieux distribuer les richesses » à défaut de pouvoir, à l'heure actuelle, « vaincre la pauvreté ». En développant des politiques fiscales ambitieuses, a suggéré Mme Ferrero-Waldner. Le socialiste portugais Manuel António dos Santos a salué le « rôle décisif » de son collègue espagnol Josep Borrell, ancien président du PE, qui avait, au printemps 2006, pesé de tout son poids pour que les chefs d'État et de gouvernement donnent leur aval à la création d'EUROLAT lors du sommet euro-latino-américain de Vienne (voir EUROPE n°9192). (M.B.)

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