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Bulletin Quotidien Europe N° 9569
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/turquie

Ali Babacan appelle l'UE à respecter ses engagements à propos des négociations d'adhésion - Ouverture de deux nouveaux chapitres

Bruxelles, 19/12/2007 (Agence Europe) - Le ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan, a prévenu « certains pays membres » qui, à son avis, tentent d'« éroder » le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne qu'Ankara ne renoncera ni aux réformes en cours, ni à son objectif d'une adhésion à part entière. Parlant à la presse, mercredi 19 décembre à Bruxelles à l'issue de la 4ème réunion ministérielle de négociation (« conférence d'adhésion ») avec son pays, M. Babacan a cité le principe de droit international pacta sunt servanda pour souligner que tous les Etats membres ont l'obligation de respecter le cadre de négociation qui a été convenu en octobre 2005, juste avant l'ouverture des négociations, et qui stipule clairement que « l'objectif partagé » est « l'adhésion » de la Turquie, même si le résultat des pourparlers « ne peut pas être garanti ». « Tous les Etats membres ont approuvé ce cadre de négociation. Il est donc légitime pour la Turquie d'attendre que cette décision soit respectée, que les promesses soient tenues », a dit le ministre. Sur ce point, le président en exercice du Conseil, le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, a donné raison à M. Babacan. Sans citer la France - qui dit ouvertement qu'elle ne veut pas de la Turquie dans l'UE et qui refuse par conséquent de négocier sur tous les chapitres qui visent explicitement à préparer l'adhésion - M. Amado a affirmé qu'il serait « difficile d'imaginer que l'on puisse changer les règles du jeu en plein processus de négociation ».

L'attitude de Paris et de « certains autres pays membres qui veulent éroder le processus de négociation n'est pas adéquate, ni responsable », a dit le ministre turc des Affaires étrangères qui est en même temps négociateur en chef pour l'adhésion à l'UE. « Si l'objectif de ces provocations est de faire renoncer la Turquie à ses idéaux et son objectif d'une adhésion, c'est peine perdue: nous continuerons nos réformes » qui devront permettre au pays de remplir les critères d'adhésion, a-t-il insisté.

Luis Amado et le Commissaire chargé de l'élargissement, Olli Rehn, également présents à la conférence de presse, ont tenté de rassurer Ankara. Pour eux, le processus d'adhésion de la Turquie est « bien vivant » et les négociations « progressent ». Meilleure preuve: la décision prise ce mercredi 19 décembre d'ouvrir les pourparlers sur deux chapitres supplémentaires: réseaux transeuropéens, santé et protection des consommateurs. Au total, la Turquie a donc ouvert jusqu'ici six des 35 chapitres (aux deux cités ci-avant s'ajoutent encore: politique industrielle et d'entreprise, contrôle financier, statistiques). Un seul chapitre est déjà provisoirement clos: sciences et recherche. Pour Olli Rehn, les deux nouvelles ouvertures de chapitres à la fin de la Présidence portugaise sont un « résultat excellent », d'autant plus qu'il s'agit de deux chapitres qui auront un impact important sur l'économie et la vie quotidienne de la population turque. M. Rehn s'attend à ce que des progrès supplémentaires soient accomplis au cours de la Présidence slovène de l'UE, au premier semestre 2008. Selon lui, il est « réaliste » d'escompter que « deux à trois » nouveaux chapitres soient ouverts d'ici juillet 2008, sans qu'il soit à ce stade possible d'anticiper de quels dossiers il pourrait s'agir. Du côté turc, on souligne qu'en théorie, jusqu'à sept chapitres seront techniquement prêts pour être négociés au courant du premier semestre 2008, mais on admet que trois nouvelles ouvertures sous présidence slovène constitueraient déjà un bon succès. De manière générale, M. Babacan a insisté pour que les chapitres soient ouverts « dès qu'ils sont techniquement prêts » et a demandé que l'UE s'abstienne de « retarder ces ouvertures pour des raisons politiques ». M. Rehn a annoncé que le président de la Commission, José Manuel Barroso, allait se rendre en Turquie au début de 2008. (H.B.)

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