Bruxelles, 13/11/2007 (Agence Europe) - Après en avoir discuté en février 2006, les ministres de l'Eurogroupe ont à nouveau examiné l'évolution des politiques salariales dans la zone euro. Le constat reste globalement le même, avec une part relative des salaires dans le PIB qui tend à décroître, mais le sujet se retrouvera à nouveau à l'ordre du jour. Rares sont les pays vertueux où les salaires publics évoluent moins rapidement que dans le secteur privé, constate Jean-Claude Juncker, pour qui la retenue publique devrait être grande afin de mettre en œuvre la modération salariale que les gouvernements ne cessent de réclamer aux acteurs du secteur privé. Et de suggérer de compléter les politiques de formation des salaires par de nouveaux mécanismes hors contrats, qui pourraient prendre la forme de participation au bénéfice ou d'intéressement. Seuls deux ou trois pays ont une tradition en la matière, dont l'Autriche, qui a été invitée à présenter ses « bonnes pratiques » et ses expériences. Sensible à « l'énorme divergence » entre l'évolution des rémunérations des dirigeants lorsqu'ils quittent leur entreprise et l'évolution des salaires des employés de la même entreprise, M. Juncker y voit un « problème d'équité qui risque d'enlever toute crédibilité à notre appel à la modération salariale ». Le président de l'Eurogroupe invite donc ses collègues à étudier quelles mesures pourraient être introduites dans les pays qui le veulent, ou dans tous les pays de la zone euro, pour juguler l'explosion des salaires des chefs d'entreprises. Il s'agit de discuter d'une meilleure redistribution des fruits de la croissance et d'analyser « les effets économiques nocifs auxquels peuvent conduire de tels comportements », a-t-il précisé. (A.B.)