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Bulletin Quotidien Europe N° 9542
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

Au Forum mondial sur l'énergie à Rome, le président Barroso réaffirme l'importance d'un débat sur le nucléaire

Bruxelles, 13/11/2007 (Agence Europe) - Participant, lundi 12 novembre, au 20ème Forum mondial sur l'énergie (11-15 novembre) à Rome, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné l'engagement des Vingt-sept à relever les défis énergétiques et climatiques du 21ème siècle. A cette fin, l'UE « compte sur cinq piliers », a-t-il rappelé, citant: - le plan d'action pour l'efficacité énergétique pour économiser 20% de l'énergie consommée dans l'UE d'ici 2020 et permettre une réduction de 780 millions de tonnes de ses émissions de CO2 ; - l'engagement de porter la part des énergies renouvelables à 20% du bouquet énergétique de l'UE d'ici 2020 et celle des biocarburants à 10% de la consommation totale de carburants dans chaque Etat membre d'ici 2020 ; - le développement des technologies énergétiques durables pour réduire les émissions des gaz à effet de serre ; - le renforcement du marché européen du carbone qui couvre déjà 50% des émissions de l'UE et représente un marché évalué à plus de 20 milliards d'euros ; - la promotion d'un marché international de l'énergie ouvert et compétitif.

L'engagement européen en matière de lutte contre le réchauffement climatique a donné force au président de la Commission pour réitérer, dans le cadre de cet événement internationalement médiatisé, l'appel de l'UE aux grands pays émergents, Chine et Inde en tête, à prendre des « engagements nouveaux, flexibles et équilibrés pour réduire l'intensité de leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de leur développement économique ». Et ce, bien entendu, dans l'optique d'un nouvel accord international succédant au protocole de Kyoto qui expire en 2012. « Nous n'attendons pas de la Chine et de l'Inde qu'ils prennent les mêmes engagements que nous. Mais nous espérons qu'ils vont découpler leur consommation d'énergie de leur croissance », a ajouté M. Barroso, assurant les grands pays émergents de la volonté de l'UE de coopérer avec eux pour renforcer leur contribution à l'effort global de réduction des émissions. M. Barroso a jugé en particulier qu'il était crucial « d'aboutir à un accord sur le climat avec la Chine » qui, comme le déplore la commission temporaire du Parlement européen sur le changement climatique, n'est pas convaincue de la nécessité d'objectifs chiffrés pour les pays émergents (EUROPE n° 9541). « Nous voulons que la croissance de la Chine soit considérée comme une opportunité, non une menace. La Chine va-t-elle pouvoir être considérée comme un partenaire en termes de responsabilité globale, notamment au niveau de l'énergie et du changement climatique? », s'est interrogé M. Barroso, moins de trois semaines avant une conférence de l'ONU cruciale du 3 au 14 décembre à Bali.

Autre point d'orgue du discours du président de la Commission: l'épineuse question nucléaire. M. Barroso a en effet réaffirmé « l'acuité particulière » de la relance du débat sur le nucléaire « pour répondre aux défis combinés de la compétitivité, de la sécurité des approvisionnements et du changement climatique ». Auparavant, plusieurs représentants des groupes énergétiques s'étaient évertués à vanter les mérites de l'atome. « Le leader mondial du nucléaire Areva n'a même plus besoin de faire de la publicité pour ses réacteurs tellement les demandes affluent », s'est réjouie la PDG du groupe français, Anne Lauvergeon, avant d'ajouter: « Plaider la cause du nucléaire n'est plus un problème tant nous avons de négociations en cours ». « Développer cette énergie est une nécessité », a renchéri le PDG de l'électricien italien Edison (contrôlé par EDF), Umberto Quadrino, alors que l'Italie a renoncé au nucléaire depuis 1987. Prudemment, M. Barroso s'est contenté de réaffirmer que la décision de recourir ou non au nucléaire relevait des Etats membres. En effet, cette question sensible divise toujours l'UE, où l'Allemagne, la Belgique et la Suède prévoient une sortie du nucléaire et l'Autriche y est fermement opposée, en grande partie en raison de la question des déchets radioactifs et du traumatisme de la catastrophe de Tchernobyl, et où, en revanche, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne prévoient de construire une nouvelle centrale à Ignalina.

« Le nucléaire est désormais plus compétitif que les hydrocarbures », a reconnu pour sa part Rex W. Tillerson, PDG du premier groupe pétrolier mondial, l'américain ExxonMobil. Si elle a confirmé la compétitivité du nucléaire, Mme Lauvergeon a toutefois mis un bémol en soulignant les coûts de ce type d'énergie en cas de retard dans un processus d'installation de centrales « très long ». C'est pourquoi la PDG d'Areva a plaidé pour une « autorité de certification » en Europe pour éviter que le leader français dans le secteur de l'énergie atomique doive certifier ses installations dans chaque pays. Egalement présent à Rome, où les Verts organisaient un forum alternatif, le député européen Claude Turmes (Luxembourg) a aussitôt accusé Mme Lauvergeon de « [mentir] quand elle dit que le nucléaire est compétitif ». « Le simple fait qu'Areva presse désespérément les gouvernements des Etats-Unis et de l'UE pour obtenir des aides d'Etat plus élevées pour assurer la survie du secteur parle de lui-même », a-t-il martelé, accusant par ailleurs le président français Nicolas Sarkozy d'orchestrer le discours de la dirigeante d'Areva « pour imposer que la technologie nucléaire fasse partie du partenariat UE-Afrique » qui sera lancé en décembre prochain à Lisbonne. (E.H.)

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