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Bulletin Quotidien Europe N° 9542
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/france

Nicolas Sarkozy renouvelle l'engagement européen de la France et propose de débattre de tout pour relancer l'Europe politique - L'Europe ne peut pas être qu'une machine, affirme le président français

Strasbourg, 13/11/2007 (Agence Europe) - Venu « renouveler (devant le Parlement européen) l'engagement européen de la France et (…) dire que le « non » à la Constitution européenne n'était pas pour le peuple français l'expression d'un refus de l'Europe mais l'expression d'une plus grande exigence à son égard », Nicolas Sarkozy a souligné, mardi 13 novembre à Strasbourg, que la construction européenne est « une espérance de paix, de fraternité et de progrès (…) qui est née des grandes tragédies du XXe siècle, du sang et des larmes versés par des millions d'hommes, de femmes et d'enfants, de leurs souffrances ».

« L'Europe, ce ne peut pas être qu'une machine, une machine administrative, une machine juridique, une machine à édicter des normes, des règlements, des directives, une machine à fabriquer des contraintes, des règles, des procédures. Elle ne peut pas être tenue à l'écart de la vie, à l'écart des sentiments et des passions humaines. L'Europe n'est une réalité, l'Europe n'a une chance d'exister pleinement que si pour des millions d'hommes et de femmes elle est vivante, si elle parle à leur cœur, si elle est pour eux l'espoir d'une vie, d'un monde meilleur, si elle est un grand idéal, une grande promesse », a poursuivi le président français avant de constater que le refus du texte constitutionnel « n'était que le signe le plus visible d'une profonde crise de défiance envers l'Europe ». Et d'ajouter: « Dans ce « non », il y avait une angoisse, il y avait une déception qui étaient partagées par des millions d'hommes et de femmes en Europe qui s'étaient mis à désespérer de l'Europe parce qu'ils avaient le sentiment qu'elle ne les protégeait plus, qu'elle était devenue indifférente aux difficultés de leur vie, qu'elle ne s'adressait plus à eux ».

Après un plaidoyer pour la diversité, la démocratie et le débat, qui le conduisent à préférer la règle de la majorité à celle de l'unanimité (« l'unanimité condamne aux marchandages. L'unanimité, c'est le système qui permet à quelques-uns d'imposer leur loi à tous les autres. L'unanimité, c'est la certitude qu'on ne décidera jamais rien de grand, d'audacieux, qu'on ne prendra jamais aucun risque », a-t-il notamment dit), Nicolas Sarkozy a estimé que «le traité simplifié, c'est une victoire politique de l'Europe sur elle-même », mais que ce serait une erreur de croire qu'elle a tout résolu. « L'Europe a choisi la démocratie, et dans une démocratie, il faut pouvoir débattre de tout: de la politique monétaire, de la politique budgétaire, de la politique commerciale, de la politique industrielle, de la politique fiscale, de toutes les politiques quelles qu'elles soient », a-t-il poursuivi, avant de rappeler qu'il a proposé la création d'un comité des sages pour réfléchir à l'avenir et « dessiner le visage et les contours de l'Europe de demain ».

Dans ce contexte, il souhaite débattre de l'identité européenne et des identités nationales: « Nous ne devons pas avoir peur des identités. Chercher à préserver son identité, ce n'est pas une maladie. C'est quand les identités se sentent menacées, quand elles se sentent attaquées qu'elles se crispent et qu'elles deviennent dangereuses », a-t-il dit en estimant que les peuples européens traversent une crise identitaire très profonde liée à la globalisation et à la marchandisation du monde. « Commencer l'Europe par l'économie, par le charbon et par l'acier, par le commerce, ce fut le coup de génie des pères fondateurs. Mais la politique a pris trop de retard sur l'économie, et la culture plus encore », affirme Nicolas Sarkozy qui veut aussi débattre de: - ce que pourrait être une véritable préférence communautaire ; - du droit de se défendre contre les dumpings ; - d'une politique européenne de change ; - d'une politique industrielle européenne ; - de la défense des agriculteurs européens ; - de l'indépendance énergétique et de l'indépendance alimentaire de l'Europe ; - de la concurrence déloyale des pays qui n'imposent aucune contrainte écologique à leurs entreprises ; - la moralisation du capitalisme financier. Tous ces sujets seront au cœur des priorités de la Présidence française, a précisé le président français en estimant qu'il y a « bien d'autres sujets dont nous allons devoir débattre »: la refondation de la politique agricole commune, la question de la fiscalité écologique, les énergies renouvelables et les économies d'énergie, la défense (« comment l'Europe pourrait-elle être indépendante, comment pourrait-elle avoir une influence politique dans le monde, comment pourrait-elle être un facteur de paix et d'équilibre si elle n'était pas capable d'assurer elle-même sa défense ? Que signifie pour chacun d'entre nous notre engagement européen si nous ne sommes pas capables de débattre de la construction d'une défense européenne et de la rénovation de l'Alliance atlantique ? Que signifie notre engagement européen si chacun d'entre nous n'est pas capable de faire un effort pour sa propre défense et pour la défense de tous ? », s'est-il interrogé ?) et l'immigration qui « ne peut être qu'une politique commune ». (O.J.)

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