Bruxelles, 03/10/2007 (Agence Europe) - En adoptant, mercredi 3 octobre, une communication intitulée « L'intérêt européen: réussir le défi de la mondialisation », la Commission européenne entend contribuer au débat qu'auront les chefs d'Etat et de gouvernement, lors de leur réunion informelle des 18 et 19 octobre prochains, sur la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi. Forte de cette stratégie, l'UE dispose des outils nécessaires pour s'adapter à la mondialisation et assurer le bien-être de ses citoyens, estime la Commission. Mais ce défi permanent nécessite de renforcer encore la capacité de croissance de l'Union et la réalité des valeurs d'inclusion sociale et de solidarité qu'elle défend en son sein et au niveau international, explique la Commission. Le document adopté par le collège des commissaires répond à la demande du Conseil européen de juin dernier, qui avait souhaité un rapport intermédiaire sur la stratégie de Lisbonne, mais il va plus loin en abordant aussi les actions extérieures de l'UE et en livrant quelques orientations pour améliorer d'autres politiques actuelles.
« (…) Nous devons investir dans le capital humain, dans la croissance et l'emploi, dans la sécurité énergétique, dans la lutte contre le changement climatique, dans la recherche de conditions plus équitables pour les consommateurs et dans le renforcement de la coopération destinée à lutter contre la criminalité et le terrorisme », souligne dans un communiqué José Manuel Barroso, le président de la Commission. « Il faut à présent que les dirigeants européens gardent le cap et redoublent d'ambition », exhorte M. Barroso qui rejette à la fois toute idée de protectionnisme et d'attentisme excessif: « Le protectionnisme ne peut permettre à l'Europe de s'enrichir. Loin de protéger nos citoyens, il les appauvrirait. Mais nous ne sommes pas naïfs. Nous ne sommes pas laxistes. Nous pouvons et allons exiger des règles identiques pour tous. Nous souhaitons que les autres s'ouvrent davantage. Le défi consiste à protéger sans être protectionniste. Nous avons montré la voie, il y a quelques semaines à peine, dans nos propositions visant à achever le marché intérieur de l'énergie ».
Le rapport recense d'abord plusieurs objectifs politiques déterminants pour affronter la mondialisation. Il s'agit notamment de stimuler les réformes économiques (la Commission achèvera en novembre son examen complet sur le fonctionnement du marché intérieur - voir notamment EUROPE n° 9494), mais aussi d'assurer aux citoyens un meilleur accès à l'emploi, à l'éducation, aux services sociaux, aux soins de santé et à d'autres formes de protection sociale. La Commission entend aussi faire des migrations légales vers l'UE un moteur pour la création de richesses et juguler les migrations clandestines (elle fera ses propositions en octobre), adopter et mettre en œuvre les directives qu'elle proposera en décembre pour remplir les objectifs concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'utilisation de sources d'énergie renouvelables et assurer la stabilité financière des marchés (aucune proposition législative n'est prévue). Au plan extérieur, l'UE doit conserver son ouverture, user de son influence dans les négociations internationales pour obtenir une ouverture chez ses interlocuteurs et se défendre contre les pratiques commerciales déloyales.
Hormis ces chantiers déjà lancés, elle confirme aussi le besoin d'approfondir encore les réformes dans quatre domaines prioritaires que sont la recherche-développement et l'innovation, l'environnement des entreprises, l'investissement en capital humain et l'énergie et le changement climatique. Il s'agit d'initiatives concrètes comme l'élaboration d'un « Small Business Act » pour l'Europe, avec toute une série de propositions qui devraient être présentées d'ici la fin de 2008, la création d'une « cinquième liberté » (un véritable espace pour la recherche) ou l'examen du fonctionnement de l'Union économique et monétaire (UEM). Si 10 ans après son lancement, l'euro s'est déjà imposé en tant que pôle de stabilité protégeant l'économie de l'Union dans son ensemble, et non uniquement la zone euro, les politiques, la coordination et la gouvernance de la zone peuvent être améliorées, précise la Commission, qui fera des propositions en ce sens. Le document de la Commission est disponible sur http: //ec.europa.eu/commission_barroso/president/press/reports/index_fr.htm (ab)