Bruxelles, 03/10/2007 (Agence Europe) - Informée, mardi 2 octobre, d'un retard de paiement des livraisons gazières fournies par Gazprom à l'Ukraine qui pourrait impliquer une restriction des approvisionnements à destination du marché ukrainien si aucune solution satisfaisante n'est trouvée, la Commission européenne a aussitôt appelé l'énergéticien russe et les autorités ukrainiennes à « rapidement trouver une solution à ce problème ». Gazprom a, en effet, annoncé mardi qu'elle pourrait réduire ses livraisons de gaz à destination de l'Ukraine si Kiev ne règle pas, au courant du mois d'octobre, une dette de 1,3 milliard de dollars pour des fournitures non payées. Dans son communiqué, la Commission indique toutefois avoir été assurée par Gazprom de son engagement à honorer ses fournitures aux compagnies européennes. A l'heure où nous mettions sous presse, le ministre ukrainien de l'Energie, Iouri Boïko, arrivé mercredi 3 octobre à Moscou, poursuivait ses entretiens avec les dirigeants de Gazprom. L'actuel Premier ministre ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé qu'il viendrait probablement lui-même à Moscou discuter du problème avec les autorités russes. Malgré les assurances données par Gazprom que ce nouveau litige a des origines purement économiques et que la compagnie russe a attendu l'issue des récentes élections législatives ukrainiennes pour éviter toute interférence politique, cette nouvelle menace constitue, aux yeux de nombreux observateurs, une réponse politique russe, via l'arme énergétique, à la victoire encore à confirmer de la coalition pro-occidentale conduite par Ioulia Timochenko. Après la crise de janvier 2006, l'UE est en alerte. « Près de 80% du gaz russe à destination de notre marché transite par l'Ukraine. Nous devons donc être vigilants », a souligné mercredi Ferran Tarradellas, porte-parole du commissaire à l'Energie Andris Piebalgs, avant d'annoncer une réunion à la mi-octobre du Groupe de coordination pour le gaz (qui réunit les experts de la Commission et des Etats membres) pour évaluer l'impact possible de ce litige sur l'approvisionnement en gaz du marché européen. (eh)