login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9511
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/amerique latine

Les députés inquiets de la façon dont le partenariat stratégique UE/Brésil et les négociations UE/Mercosur pourraient s'imbriquer

Strasbourg, 27/09/2007 (Agence Europe) - De nombreux députés européens ont exprimé leurs craintes de voir le partenariat stratégique que l'Union européenne a noué avec le Brésil en juillet dernier éclipser les négociations en cours sur l'accord d'association UE/Mercosur (voir EUROPE n° 9460 et 9462), mardi 25 septembre, lors d'un débat ponctué par deux déclarations spécifiques du Conseil et de la Commission. Et de redouter même que ce partenariat stratégique soit le reflet de l'abandon par l'UE de l'approche multilatérale dans ses relations extérieures. Le Conseil, la Commission et d'autres députés estiment au contraire que les deux exercices se nourrissent l'un l'autre, le partenariat stratégique UE/Brésil constituant aussi la reconnaissance par l'UE du poids de Brasilia sur la scène internationale. Pour rappel, les négociations devant déboucher sur un accord d'association entre l'Union européenne et le Mercosur sont dans l'impasse en raison du lien entre le volet commercial de cet accord avec les négociations commerciales internationales en cours à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre du cycle de Doha. Le Présidence portugaise envisage actuellement la possibilité de réunir « la troïka UE/Mercosur » avant la fin de l'année.

« Oui au Brésil, mais sans mettre de côté le Mercosur », a déclaré Daniel Varela Suanzes-Carpegna (PPE-DE, espagnol). « Nous sommes préoccupés dans notre commission » parlementaire du commerce international par l'apparition « de plus en plus d'accords de partenariat », a enchaîné la sociale-démocrate allemande Erika Mann. Pour Ignasi Guardans Cambó (ALDE, espagnol), « le cadre idoine des relations » de l'UE avec l'Amérique latine « avait toujours été régional » et le partenariat stratégique annoncé avec le Brésil « risque de mettre à mal les relations UE/Mercosur ». Une hypothèse qu'il ne peut accepter. Alain Lipietz (Verts/ALE, français) a dénoncé « le tournant » pris dans les relations internationales: « M. Mandelson et (ses services) ont abandonné l'idéal du multilatéralisme et rejoint la pratique «bilatéraliste» des Etats-Unis ». Helmuth Markov (GUE/NGL, allemand) a quant à lui fait savoir qu'il n'acceptera « pas d'accords bilatéraux avec différents pays si cela pose un risque à l'intégration régionale ».

Le Conseil et la Commission ont tenté de rassurer les députés sur la complémentarité des deux initiatives. « Nous n'avons pas l'impression qu'un partenariat étroit avec le Brésil empêcherait la même chose avec le Mercosur », a indiqué Manuel Lobo Antunes, secrétaire d'État adjoint portugais aux Affaires européennes, qui voit dans les deux exercices « plutôt une complémentarité qu'une exclusion ». « Il serait étrange » que l'UE ne dispose pas d'un partenariat stratégique avec le Brésil alors que ce type de relation existe avec « la Russie et l'Inde », a-t-il ajouté. Le commissaire européen Ján Figel a assuré que « l'UE (était) l'avocat de l'intégration régionale ». Pour preuve: 50 millions d'euros ont été engagés ces dernières années pour matérialiser cette intégration régionale et le même montant sera disponible pour la période 2007-2013 (voir EUROPE n° 9412). Regrettant « l'atmosphère » entourant le débat, il a estimé nécessaire de « réagir aux réalités du moment » en accordant une place spécifique au Brésil dans la politique extérieure de l'UE. « Ce partenariat vient compléter les autres partenariats », a-t-il insisté. (mb)

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES