Bruxelles, 27/09/2007 (Agence Europe) - Le 4ème Forum européen sur la cohésion a ouvert ses travaux jeudi 27 septembre (voir EUROPE n°9509) en présence de quelque 800 participants représentant notamment les Etats membres de l'UE, la Norvège, la Croatie, la Turquie, la République de Macédoine, la Chine, le Brésil. Le Forum s'interrogera sur l'avenir de la politique de cohésion après 2013. Il contribuera à la réflexion sur le lancement, il y a quelques jours par la Commission européenne, du réexamen du budget de l'UE.
« Une Europe moderne dans un monde moderne a besoin d'un budget moderne et d'une politique de cohésion moderne», a déclaré d'entrée de jeu le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. La politique de cohésion a une valeur ajoutée qui lui est propre: à la fin de la période de 2007-2013, elle devra avoir créé 2 millions d'emplois, qui viendront s'ajouter à ceux que crée la stratégie de Lisbonne. Elle permet de grands progrès en matière de convergence entre les Etats membres, a poursuivi le président. Et de rappeler l'exemple de l'Irlande dont le PIB par habitant est passé, entre 1994 et 2006, de 102% à 145% de la moyenne de l'UE grâce à l'effet combiné de la politique de cohésion et d'une politique macro-économique saine. « La cohésion est notre priorité partagée. Nous sommes liés par un contrat de subsidiarité qui doit donner une obligation commune de résultat à l'égard des citoyens », a ajouté M. Barroso en assurant que « sa Commission sera toujours là pour remplir sa mission première qui est de défendre l'intérêt général européen (…) La Commission restera aussi la gardienne du principe d'une Europe solidaire ». Et de conclure en reprenant les mots de Robert Schuman dans son ouvrage « Pour l'Europe »: « En Europe, l'égoïsme ne paie plus ». Michel Delebarre, président du Comité des Régions, a mis en exergue l'importance de la cohésion territoriale, « laquelle acquiert petit à petit sa place aux côtés de la cohésion économique et sociale ». Pour Dimitris Dimitriadis, président du Comité économique et social européen, il faut identifier le potentiel des régions et comprendre que « les citoyens européens sont à la société civile ce que les régions sont aux pays ». Gerardo Galeote Quecedo, président de la commission du Développement régional au Parlement européen, a appelé à « réfléchir à l'importance de la dimension de la politique environnementale dans la politique de cohésion ». Francisco Nunes Correia, ministre portugais de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire, a plaidé pour une politique de cohésion « plus flexible dans sa mise en œuvre pour s'adapter aux changements, et plus orientée pour mettre en exergue l'efficacité des résultats obtenus ». Il faut entre autres, pour le Président du Conseil, « (1) renforcer le rôle de la politique de cohésion comme politique de développement des territoires de l'UE, (2) renforcer les principes de subsidiarité et de territorialité dans ceux des finances publiques, (3) renforcer l'importance de la coopération territoriale ». Danuta Hübner a attiré l'attention sur les grands défis pour l'avenir, mais aussi sur des défis moins frappants comme le vieillissement démographique, la lutte pour améliorer l'environnement vitale, la qualité de la vie. « Ces défis vont redessiner la carte de l'Europe », a-t-elle constaté. Ivan Zagar, ministre slovène du Développement régional et local, a plaidé pour que « la politique de cohésion soit une politique essentielle de l'UE ».
Danuta Hübner a annoncé l'adoption, la semaine prochaine, par la Commission, du Livre vert sur la coopération territoriale. La Présidence portugaise prépare aussi un plan d'action en suivi et correspondant à l'agenda territorial adopté lors de l'informelle de Leipzig, en mai dernier. En réponse à Thomas Andersson (Assemblée des Régions d'Europe), Mme Hübner a affirmé que les défis ont des impacts différents sur les entités territoriales et les régions. « Il est donc impossible d'avoir une Europe sans les régions. La dimension régionale et territoriale sera de plus en plus importante à l'avenir ». « Ma conviction », a répondu Michel Delebarre au représentant des provinces néerlandaises, Herman Vrehen, « est que plus la mise en œuvre de la politique européenne de cohésion est décentralisée, plus elle sera efficace ». Le secrétaire d'Etat hongrois aux Affaires européennes, Gabor Ivan, a affirmé que « l'Europe a besoin d'un budget qui s'inspire des politiques mais pas de politiques qui s'inspirent d'un budget ». Au vice-président du Copa-Cogeca, Rupert Huber, qui s'inquiétait du danger des renationalisations, Danuta Hübner a attiré l'attention sur la confusion qui se fait souvent entre subsidiarité et renationalisation. « On peut avoir plus de subsidiarité sans renationaliser », a-t-elle commenté en rappelant qu'elle allait lancer la consultation publique sur la politique de cohésion vendredi 28 au matin, après l'intervention devant le Forum du Premier ministre portugais José Socrates. A un participant grec qui estimait que « les défis du futur comme l'environnement ne sont pas des défis d'avenir mais des défis du présent », Gerardo Galeote Quecedo a répondu par deux objectifs à poursuivre: (1) « La réforme du fonds européen de solidarité qui est devenu obsolète ; (2) la création d'un corps européen de protection civile. Le rapport, demandé au commissaire d'alors Michel Barnier est toujours bloqué au Conseil, peut-être parce que le dossier est aux mains des ministres des Finances. Une résolution du PE demande à ce propos la réunion d'un Conseil extraordinaire réunissant les ministres des Finances, de l'Environnement et de la Politique régionale. Elle demande la même chose à la future Présidence slovène de l'UE ». (gb)