Strasbourg, 11/07/2007 (Agence Europe) - Répondant à une question orale du Parlement européen sur les relations commerciales avec la Chine, Peter Mandelson a défendu mercredi devant la plénière sa gestion du dossier chinois. « L'argument fondamental » à la base de la nouvelle stratégie de l'UE à l'égard de la Chine (EUROPE n° 9293), à savoir que « l'Europe tire avantage d'une relation économique ouverte, équilibrée et reposant sur une réciprocité équitable avec la Chine », « est encore valable aujourd'hui », a estimé le commissaire au Commerce, reconnaissant toutefois que « l'équilibre n'est pas encore atteint ». « Le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine est croissant. J'accepte qu'il puisse résulter de forces de marché. Mais nous savons aussi que notre potentiel d'exportation est entravé par des barrières chinoises, autrement dit qu'une part importante de ce déficit est artificiel », a-t-il ajouté, citant une étude récente démontrant que les barrières chinoises au commerce représentent des opportunités d'exportation perdues de l'ordre de 20 milliards d'euros par an (EUROPE n° 9370). « La Chine doit donc prendre des mesures concrètes », a poursuivi M. Mandelson, en rappelant les exigences européennes vis-à-vis de Beijing: un accès amélioré au marché chinois de biens et services pour les exportateurs européens, une protection renforcée en Chine des droits de la propriété intellectuelle, une approche ambitieuse de la part des autorités chinoises dans le cadre des négociations pour un nouvel Accord de partenariat et de coopération lancées en janvier dernier (EUROPE n° 9346) et l'assurance que la conduite de la croissance chinoise ne va pas conduire à une surproduction et du dumping, en particulier dans le secteur de l'acier. « Nous sommes à la croisée des chemins. Une politique de dialogue pour répondre aux problèmes que nous rencontrons n'est crédible que si elle nous offre plus que l'alternative de forcer au changement », a poursuivi M. Mandelson, avant d'ajouter: « On peut remettre en question la politique de dialogue et d'engagement. On le fera si les choses entre nous ne s'améliorent pas ». Le commissaire au Commerce a donc assuré son auditoire d'avoir abordé « ouvertement et franchement » tous les points de friction commerciale entre l'UE et la Chine lors de la visite à Bruxelles le 12 juin dernier du ministre chinois du Commerce Bo Xilai (EUROPE n° 9443, 9444 et 9445). « L'Europe peut faire face à une concurrence rude, mais cette concurrence doit être loyale. Cela signifie que nous devons nous assurer d'agir en situation de concurrence, rejeter les pratiques anticoncurrentielles, être prêts à user de nos instruments de défense commerciale contre le dumping et les subventions illégales et mettre la pression dans la lutte contre la contrefaçon », a conclu M. Mandelson. (eh)