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Bulletin Quotidien Europe N° 9462
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/euromed

Débats animés aux « journées d'études » du PPE-DE sur l'avenir de la politique méditerranéenne et « l'échec du processus de Barcelone » - L'initiative Sarkozy plutôt mal accueillie

St George's Bay/Malte, 05/07/2007 (Agence Europe) - Le groupe PPE-DE du Parlement européen qui tient cette semaine ses « journées d'études » à Malte sur la politique euroméditerranéenne, l'immigration et la politique maritime (transport et énergie) s'est livré au cours de sa session de mercredi à une analyse critique du processus de Barcelone et de la politique de voisinage (PEV). Ce dossier figure, selon différents eurodéputés du groupe, parmi les chantiers devenus prioritaires depuis l'achèvement de l'élargissement. Il est également ressorti de ce débat assez animé que l'initiative du président français Nicolas Sarkozy à propos d'une « Union de la Méditerranée » recueille un soutien mesuré sinon hostile au sein du PPE-DE pourtant de la même famille politique. Les eurodéputés français, membres de l'UMP, ont paru visiblement embarrassés par les critiques de la part de leurs collègues venant d'Etats membres non méditerranéens (allemands en premier lieu, mais aussi britanniques et polonais) et ont fait valoir que le projet en est au stade de l'ébauche et devrait être précisé dans les semaines qui viennent en vue de la tournée maghrébine du président Sarkozy déjà annoncée.

La session avait débuté par un exposé sur les acquis du processus de Barcelone et de la PEV. Le président de séance, l'Autrichien Othmar Karas, a regretté que le processus EuroMed ait été depuis le départ réduit à la question du Moyen-Orient sur laquelle l'incapacité d'agir demeure flagrante. « Nous avons plus besoin d'agir que d'avoir un M. Blair », a-t-il ajouté en référence à la nouvelle mission qui a été confiée à l'ancien Premier ministre britannique par les quatre puissances du Quartette. Le processus de Barcelone a aussi été entravé dans sa partie économique et commerciale par les retards dans l'intégration « horizontale » (entre pays partenaires). Trop de conférences et d'initiatives sans lendemain ont également, selon M.Karas, nuit à la croissance de ce dialogue: « Il faut désormais penser en termes de projets » et non de conférences. « Nous n'avons pas besoin de grandes conférences mais de plus de courage, plus de professionnalisme pour traduire les décisions en réalisations ». Les résultats de l'appui financier accordé au titre de l'instrument de voisinage ainsi que les actions de la BEI seraient cependant appréciables, selon un représentant de la Commission, Didier Bouteiller, qui a dressé un tableau exhaustif de ces interventions.

Le ministre maltais des Affaires étrangères, Michael Frendo, s'est pour sa part interrogé sur les acquis réels du processus dix ans après son lancement mais, ajoute-t-il, « s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer ». Il estime que l'élan initial ne doit pas être remis à jour chaque fois en fonction de l'actualité. Il a témoigné que les pays partenaires éprouvent une « grande lassitude politique » comme l'a montré leur absence lors du 10e sommet anniversaire en novembre dernier à Barcelone. Comme pour en donner la preuve immédiatement, le secrétaire d'Etat tunisien aux Affaires étrangères, Hatem Ben Salem, a proclamé « l'échec du processus de Barcelone et de la politique de voisinage » estimant que l'attention doit désormais être focalisée sur l'initiative Sarkozy. Son intervention, qui, assure-t-il, reflète un point de vue commun maghrébin, a focalisé le reste du débat sur cette initiative vivement critiquée par les uns (Allemands, Polonais notamment) mais défendue du bout des lèvres par les Français et franchement soutenue par le ministre maltais et son homologue tunisien seul présent mercredi en tant que représentant d'un pays partenaire. M. Ben Salem avait au départ déploré « l'évanescence des contours géopolitiques » de la zone EuroMed et regretté que les pays partenaires soient perçus comme un « danger » notamment en termes d'immigration comme dans la lutte contre le terrorisme qui sont des défis communs qui ne peuvent être relevés par une réaction purement sécuritaire. Il appelle à délaisser la « langue de bois » et à ne plus se contenter d'un « partenariat à sens unique ». Il appelle aussi à l'ouverture d'une réflexion commune pour « tirer les leçons de l'échec de Barcelone » estimant que la PEV ne peut en l'état constituer la «politique adéquate ». Il suggère donc un soutien actif au projet de Nicolas Sarkozy.

Michael Gahler, vice-président de la commission des affaires étrangères du PE, s'est insurgé contre cette perspective qui laisse de côté les pays du Nord de l'UE et ne dit pas quel sera leur rôle. Il a été relayé par plusieurs de ses collègues de Pologne et du Royaume-Uni. D'après Margie Sudre, présidente de la délégation française, « il est clair que la future Union Méditerranéenne travaillera étroitement avec l'UE et la Commission sera associée » au déploiement de cette nouvelle organisation qui, a-t-elle assuré, « ne se substituera pas au processus de Barcelone ». Elle vise principalement, a-t-elle précisé, le Maghreb qui sera « le moteur de l'Union de la Méditerranée ». M. Frendo a repris la parole pour confirmer le besoin éprouvé par les pays de la Méditerranée de se consulter pour relever les défis communs comme le font les pays nordiques ou les pays de la Mer Noire, plaidant pour une démarche selon le modèle connu des « cercles concentriques ». Il a annoncé que les Etats membres de l'UE riverains de la Méditerranée se réuniront seuls en fin de semaine en Slovénie pour amorcer une réflexion dans cette voie. (fb)

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