Bruxelles, 03/05/2007 (Agence Europe): La coopération entre l'UE et l'OTAN « fonctionne bien » a déclaré la directrice chargée des questions de défense au sein du secrétariat du Conseil des ministres de l'UE, Claude-France Arnould lors d'un échange de vues avec les députés européens de la sous-commission de défense, jeudi 3 mai, en soulignant toutefois la nécessité de régler la question de « complémentarité » entre les deux organisations. Si la coopération marche sur le terrain, des difficultés persistent en ce qui concerne les discussions avec l'OTAN, du fait que deux Etats membres de l'UE (Malte et Chypre) restent exclus de cette coopération.
Un autre problème concerne la répartition des rôles entre l'Union et l'OTAN. Alors qu'à l'époque de « Berlin + » l'OTAN se concentrait sur son rôle militaire, elle s'est depuis lors mise progressivement « à réfléchir sur le développement des capacités civiles » en imaginant que l'UE pourrait fournir ses capacités et assurer leur financement, a-t-elle expliqué en constatant que l'OTAN aurait alors coordonné l'action civile et militaire. Ce concept, dit de « Berlin plus renversé » qui laisserait à l'OTAN le volet militaire et la coordination, est inadmissible du point de vue européen. « Il n'est pas question que l'Union fournisse le financement et la police tandis que la coordination reste à l'OTAN », a affirmé Mme Arnould en décrivant les étapes les plus récentes du développement de la politique européenne de sécurité de défense (PESD). Elle a aussi rappelé les différentes opérations qui témoignent de la réalité de la coopération, en Bosnie-Herzégovine mais aussi au Soudan dans le cadre de l'appui apporté à la mission de l'Union africaine. Insistant sur ce dossier qui échappe à la coopération planifiée dans Berlin +, elle a souligné que l'action a été coordonnée avec l'OTAN sur deux axes: celui du transport stratégique des troupes africaines et celui du conseil (l'OTAN et l'UE se sont mis d'accord pour fournir à l'UA des informations et des conseils coordonnés, ce qui requiert une analyse conjointe et un partage permanent d'informations). « Le niveau d'aide apportée à l'AMIS n'est pas suffisant », a reconnu Mme Arnould, mais ceci n'est pas dû « à la relation UE-OTAN qui « fonctionne bien » mais aux difficultés rencontrées par l'UA pour « absorber cette aide ». (aby)