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Bulletin Quotidien Europe N° 9419
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Quelques bonnes raisons en faveur du projet « énergies renouvelables » de l'UE

L'attaque frontale de certains écologistes et des Verts du Parlement européen contre les biocarburants (voir cette rubrique dans le bulletin n° 9414) a reçu un appui politique de poids parce que signé personnellement par Fidel Castro. Le « lider maximo » a critiqué d'un ton agressif l'accord stratégique signé en mars par les présidents des Etats-Unis et du Brésil (à propos du bioéthanol et d'autres biocarburants), en qualifiant de diabolique le projet de transformer des produits alimentaires - canne à sucre, maïs, colza, huile de palme, etc.- en combustibles, car il mettrait en péril la survie de 3,5 milliards d'être humains et compromettrait l'équilibre biologique de la terre par la destruction de forêts tropicales et le gaspillage d'eau potable.

Les projets européens sont écologiquement corrects. Or, ce ne sont pas les projets européens qui risquent de provoquer de telles catastrophes. L'Europe prépare activement les biocarburants de deuxième génération, résultant de la biomasse (rejets des cultures agricoles, paille, résidus de bois, etc.). Dans nos pays, les betteraves, le maïs et aussi le soja (s'il était consenti aux agriculteurs de le produire dans l'UE dans des conditions raisonnablement rentables) continueront à être destinés essentiellement à l'alimentation. Ce qui met en danger dans nos pays la biodiversité, l'équilibre territorial, les traditions et les paysages, n'est pas une production raisonnable et contrôlée de biocarburants mais la destruction de l'activité agricole en elle-même qui résulterait de l'ouverture de l'Europe à la concurrence du monde entier, y compris de pays qui ne respectent ni les normes sanitaires obligatoires dans l'UE ni les précautions écologiques indispensables.

Certes, les précautions dans la production de biocarburants sont nécessaires dans l'UE elle-même: imposer des restrictions en matière d'engrais et de pesticides ainsi que d'extension des surfaces utilisables ; veiller à ce que les biocarburants de deuxième génération soient au point en temps utile et qu'ils réduisent effectivement les émissions de CO2 ; surveiller les importations en contrôlant les conditions de production dans les pays tiers exportateurs. D'ailleurs, les deux organisations non gouvernementales qui avaient lancé l'alerte lors de la réunion qui s'est déroulée il y a deux semaines à Madrid («Rencontres européennes sur les biocarburants») avaient clairement dénoncé les menaces pour les forêts tropicales, pour le climat et pour la sécurité alimentaire dérivant de «l'expansion des monocultures intensives dans des zones vulnérables et écologiquement fragiles», en citant l'Amazonie, l'Indonésie et la Malaisie. Et l'étude de Mark Jacobson, de l'Université de Stanford (Californie) se réfère explicitement aux effets de l'éthanol (alcool distillé à partir de plantes cultivées ad hoc), c'est-à-dire des biocarburants de la première génération.

Opposition déraisonnable. Il est vrai que la réunion de Madrid avait aussi mis en garde contre les dangers d'une extension insuffisamment maîtrisée de cultures intensives de biocarburants dans l'UE (par exemple, le colza en France), car elles pourraient entraîner une utilisation massive d'engrais et de pesticides et un excès d'irrigation. Mais l'évaluation des surfaces agricoles nécessaires dans l'UE pour atteindre les objectifs fixés par les chefs de gouvernement avait été, à Madrid, rassurante (en prenant en considération un recours contrôlé à des importations en provenance de pays tiers). Les biocarburants de la deuxième génération devraient arriver progressivement sur le marché entre 2012 et 2020, donc dans des délais appropriés. Je crois que l'effort pour démolir les ambitions européennes en matière de biocarburants est déraisonnable.

Les vrais soucis de Fidel Castro. Tout indique que le coup d'éclat de Fidel Castro n'était pas motivé par des soucis humanitaires ni environnementaux mais par des raisons stratégiques et politiques, c'est-à-dire: soutenir les intérêts pétroliers de son allié Hugo Chavez, président du Venezuela (qui a lancé le projet d'un énorme pipe-line/gazoduc à travers l'Amérique latine, permettant à son pays de fournir son pétrole et son gaz au Brésil, à l'Argentine, au Chili, etc.) et ceux de Cuba elle-même, qui pourrait devenir un producteur significatif de pétrole si les ressources découvertes dans ses eaux territoriales se confirment.

Sans oublier que la fièvre pétrolière peut tuer l'agriculture. Le Nigeria, était autrefois exportateur de produits alimentaires qu'il doit aujourd'hui importer pour nourrir ses 135 millions d'habitants. Il est devenu le premier producteur africain de pétrole et l'un des principaux du monde, mais sa production de céréales et de riz s'est écroulée, le territoire étant couvert par une toile d'araignée inextricable de 5.000 km de pipe-lines. Le pays vit de l'activité pétrolière, qui n'occupe qu'une partie réduite de la population. Les résultats sont la corruption, la conflictualité, le désordre et la destruction d'une activité agricole autrefois efficace.

(F.R.)

 

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