Bruxelles, 03/05/2007 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assume jusqu'à la fin du mois de juin la présidence tournante du Conseil et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont donné le coup d'envoi, mercredi 2 mai à Brême (nord de l'Allemagne), d'une grande conférence internationale sur la future politique maritime européenne. La Commission européenne prévoit d'adopter, le 10 octobre, une communication exposant sa vision en la matière. Elle présentera un plan d'action avec des propositions sur une meilleure coordination des différentes politiques liées à la mer.
« Nous devons conserver la valeur de la mer pour la prochaine génération », a dit Mme Merkel, pour justifier la mise en place d'une politique maritime intégrée pour l'UE. Elle a rappelé que « le réchauffement du climat change et nuit gravement à l'environnement maritime, aux côtes et aux régions ». Elle a appelé l'UE à ne pas se focaliser uniquement sur l'exploitation économique de l'océan mais à faire en sorte que l'économie participe à son développement écologique durable.
Cette nouvelle politique maritime doit « aider à atténuer les conséquences du changement climatique et à soutenir notre politique énergétique », par exemple en contribuant « au développement de sources d'énergie futures tel que du méthane issu des fonds marins », a souligné, de son côté, M. Barroso. Une exploitation, a-t-il dit, « qui pourrait ouvrir des possibilités rendant par comparaison modestes les réserves de pétrole et de gaz connues aujourd'hui ».
Joe Borg, le Commissaire responsable des affaires maritimes, a considéré les mers et les océans comme un « trésor » et a rappelé que deux solutions s'offrent à l'UE: soit dépenser « aveuglément » sans se soucier des lendemains, soit se concerter pour décider « comment profiter au mieux de ce trésor, tout en veillant à ce que les bénéfices profitent également aux générations à venir ». Outre le réchauffement climatique, la mondialisation, la pression démographique sur les côtes européennes, l'utilisation durable de l'énergie et la sécurité d'approvisionnement énergétique, « la bonne gestion des mers et océans est de plus en plus souvent perçue comme un des principaux défis auxquels nous sommes confrontés, et la deuxième solution est la seule qui nous permette de les relever », a déclaré le Commissaire. Selon lui, le seul moyen d'y parvenir en Europe est d'adopter une approche globale des activités maritimes, dont la stratégie thématique pour la protection de l'environnement marin constitue une des pierres angulaires.
Il s'est félicité du fait que la création d'une politique maritime intégrée « ait reçu un accueil favorable auprès de la plupart des acteurs, bien que leurs intérêts soient manifestement divergents ». La consultation sur le livre a permis d'ouvrir un débat sans précédent sur les affaires maritimes de l'UE. Certains Etats membres ont même été incités à assurer la cohérence et la coordination de leurs positions nationales dans les différents domaines (tourisme, pêche, construction navale, services financiers maritimes, protection de l'environnement, navigation, sciences marines, aquaculture, patrimoine maritime, immigration), a relevé M. Borg, qui s'est prononcé par ailleurs pour le développement des « clusters maritimes », lesquels contribuent au développement économique et à la compétitivité grâce à la création de synergies dont profitent tous les acteurs, y compris les PME.
M. Borg a évoqué ensuite les domaines dans lesquels, à son avis, « une action au niveau européen est non seulement souhaitable, mais nécessaire »:
Aménagement de l'espace: le développement de l'activité économique sur nos côtes et sur nos mers multiplie le risque de conflits entre les intérêts des différents utilisateurs. Un arbitrage fondé sur de bons outils d'aménagement de l'espace pourrait remédier à ces problèmes. Dans ce contexte, la cartographie de la mer dans ses trois dimensions (surface, colonne d'eau et fonds marins) constituera une tâche importante à accomplir lorsque les données auront été rassemblées. M. Borg a assuré qu'il n'était pas question ici de centralisation (les Etats membres doivent « conserver leurs prérogatives dans ce domaine »). La Commission préconise la définition d'orientations et de principes communs.
Données sur le milieu marin: en plus de l'utilisation des indicateurs environnementaux et des systèmes d'aménagement de l'espace, M. Borg a défendu la création d'un réseau européen d'observation et de données du milieu marin, avec une base de données ambitieuse.
Surveillance maritime: une action au niveau européen pourrait contribuer à améliorer les initiatives en matière de surveillance maritime. M. Borg a souligné que l'absence de frontières physiques en mer rend indispensables la compatibilité et l'interopérabilité des systèmes. (lc)