Bruxelles, 09/01/2007 (Agence Europe) - Le groupe du PPE/DE au Parlement européen organise jeudi 11 janvier à Bruxelles une demi-journée d'études sur l'avenir de la coopération UE-Syrie, à l'initiative de la Tchèque Jana Hybášková et du Britannique Edward McMillan-Scott. Des personnalités syriennes seraient attendues, dont le vice-premier ministre Abdallah Dardari, mais leur venue n'est pas encore confirmée et ferait encore l'objet de tractations. Les relations euro-syriennes demeurent encore tumultueuses et la perspective d'une signature de l'accord d'association est encore hypothétique trois ans après le paraphe du texte. Le Royaume-Uni avait longtemps bloqué le processus de signature relayée, depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri, par la France qui s'en tient à une position dure contre Damas. Cette politique d'isolement de la Syrie est mise en question, notamment par le Parlement européen qui a proposé, dans une résolution adoptée en décembre 2006, de l'assouplir car, estime-t-il, ce pays peut jouer un rôle actif et utile dans la stabilisation de la région (Moyen-Orient et Irak).
Cette attitude d'ouverture est désormais ouvertement appuyée par Londres. Plusieurs visites gouvernementales et parlementaires ont eu lieu ces derniers temps. La plus récente en date a eu lieu le 7 janvier. Le président syrien Bachar el-Assad a reçu une délégation de parlementaires de pays européens conduite par Jacques Santer, ancien président de la Commission européenne et ancien parlementaire européen (PPE/DE), rapporte l'agence officielle SANA dans une dépêche datée du 7 janvier. L'agence ne précise pas davantage le cadre dans lequel se déroulait cette mission. Il s'agirait d'une mission informelle, due à une initiative privée, composée pour l'essentiel de députés nationaux britanniques de toutes tendances mais dirigée par l'ancien Premier ministre luxembourgeois Santer. Parmi les noms cités composant la délégation: David Steel, membre du Conseil des Lords et ancien président du Parlement écossais, Clare Short, membre indépendant au Parlement britannique, et le vice-président du parlement luxembourgeois Laurent Mosar ainsi que différents représentants des principaux partis britanniques. L'ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, John Jenkins, a également participé à l'entretien, précise l'agence SANA. Elle indique que l'entretien a porté sur les « questions régionales » et le président Assad aurait déclaré au cours des échanges de vues, selon cette source, qu'il soutenait «toutes les décisions prises par les Palestiniens» et qu'il appuyait « le processus politique en cours en Irak ». Il aurait également assuré « le soutien de la Syrie aux décisions que les Libanais prendront, loin des influences étrangères ». La délégation a également rencontré Farouk al-Charaa, vice-président de la république, Walid al-Mouallem, ministre des Affaires étrangères, et Mahmoud al-Abrache, président de l'Assemblée du peuple (Parlement). M. al-Charaa a, selon SANA, « critiqué les ingérences extérieures de certaines grandes puissances », qui sont la cause de la « tension actuelle dans la région ». L'entretien aurait également porté sur « les relations syro-européennes et les obstacles qui empêchent encore la conclusion de l'accord de partenariat entre la Syrie et l'UE ».
La presse de la région (libanaise notamment) relève que cette visite d'Européens est « la dernière en date d'une série de déplacements de personnalités occidentales en Syrie, pays isolé ces dernières années sur la scène internationale ». Le ministre syrien de l'information Mohsen Bilal a affirmé fin décembre que « les tentatives de certains d'isoler la Syrie ont échoué, la preuve, l'afflux des responsables gouvernementaux et des parlementaires européens et américains en direction de Damas pour se concerter avec la Syrie ». De fait, les visites se succèdent à Damas, la dernière en date est celle de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. L'entretien de M. Schröder avec le Président syrien aurait été réservé, de source syrienne, à la coopération économique, notamment entre les sociétés d'investissement dans les deux pays.
Pendant ce temps, l'opposition démocratique en Syrie, regroupée autour d'une charte commune dite « Déclaration de Damas », a accusé durant le week-end, dans un communiqué remis aux agences internationales, les autorités de « resserrer l'étau » autour de l'opposition de l'intérieur. Elles ont « interdit les réunions et les activités, tenté de terroriser les militants en les jetant en prison et en portant à leur encontre de graves accusations », indiquent ces partis. Leur communiqué dénonce la politique gouvernementale en matière sociale et affirme que « la vie chère, le chômage, la corruption (...) ont augmenté la tension sociale ». La Déclaration de Damas, lancée en octobre 2005, regroupe plusieurs partis interdits (communiste, nationaliste, libéral et kurde) et a obtenu le soutien des Frères musulmans syriens, basés à Londres. Elle appelle à un «changement démocratique radical» en Syrie. (fb)