Bruxelles, 09/01/2007 (Agence Europe) - Jean-Louis Schiltz, ministre luxembourgeois au Développement qui assurait la Présidence du Conseil de l'UE lors de la signature, en juin 2005, de l'accord de Cotonou révisé entre l'UE et les 78 pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) et s'est beaucoup investi pour obtenir des Etats membres l'engagement d'accroître substantiellement leur aide publique au développement (0.56% du PIB à l'horizon 2010 pour atteindre à 0.7% en 2015), s'inquiète du contenu futur des accords de partenariat économique entre l'UE et six régions ACP. D'où la démarche qu'il tente auprès du Commissaire au Développement, Louis Michel, pour obtenir l'assurance que les APE seront bien les instruments de développement qu'ils doivent être, et proposer sa pleine collaboration à la réussite de cet objectif.
La négociation de ces accords est entrée dans une phase décisive puisqu'elle est censée se conclure à la fin de 2007 pour permettre la mise en application des APE au 1er janvier 2008. Or, les inquiétudes relatives à la dimension développement de ces futurs accords, préparatoires à l'établissement de zones de libre-échange entre partenaires économiquement inégaux, vont grandissant, pas seulement chez les pays ACP, les ONG et les députés de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE. Dans un courrier adressé le 5 janvier 2007 à Louis Michel, M. Schiltz fait part de ses préoccupations en insistant sur « l'importance non seulement de mettre en place des accords équitables, mais aussi d'assurer à ces accords un véritable instrument de développement ». Il ajoute: « en l'absence de progrès tangibles dans le contexte des négociations du cycle de Doha (à l'OMC: NDLR), une telle approche me semble plus pertinente que jamais. C'est d'ailleurs cette même préoccupation que j'entends exprimer de manière régulière et soutenue dans mes contacts bilatéraux avec les chefs d'Etat, membres des gouvernements et ambassadeurs des pays ACP » .
Et de relayer « une certaine inquiétude » de ses interlocuteurs « par rapport à des questions telles que le calendrier des négociations, l'asymétrie de l'ouverture tant au niveau des produits qu'au niveau du timing, les questions ayant trait à des secteurs particulièrement sensibles du côté des ACP (comme l'agriculture par exemple), les mesures d'accompagnement et de développement des capacités, le financement des différents éléments, etc. ».
Se disant conscient des efforts déployés à ce jour par le Commissaire au Commerce Peter Mandelson dans les négociations, le ministre luxembourgeois souhaite connaître le point de vue du Commissaire Michel sur l'état d'avancement de ces négociations et « leur évolution prévisible dans les prochains mois ».
« Je crois qu'il serait utile que dans un avenir proche, nous puissions documenter clairement la panoplie des offres que l'UE et ses Etats membres sont prêts à faire. Il en va de même des assurances que nous sommes en mesure de fournir face aux craintes exprimées par nos partenaires du Sud. Tout ceci - et je sais que vous partagez mon sentiment à ce sujet - me semble indispensable si nous voulons conclure dans les délais voulus des accords qui prennent le concept de partenariat au sérieux. Je pense que je n'ai pas besoin de préciser ici que les ACP comptent sur une forte implication personnelle de votre part dans les mois à venir, notamment eu égard à la pression croissante du calendrier (….) A mon sens, seul un plan global qui met en évidence de façon coordonnée les efforts concrets, en particulier financiers, des Etats membres et de la Commission, permettra de fournir l'accompagnement nécessaire afin de libérer le potentiel de développement des APE. Pour ce qui me concerne, je peux en tout état de cause vous assurer de tout mon soutien personnel ainsi que de la disponibilité du gouvernement luxembourgeois à contribuer au succès de la démarche ». (an)