Bruxelles, 09/01/2007 (Agence Europe) - A la veille de l'adoption par la Commission de son paquet énergie, qui réaffirme l'importance d'une diplomatie énergétique commune, la querelle énergétique entre le Bélarus et la Russie constitue un nouveau test pour la capacité de l'Union à parler d'une seule voix. Via le pipeline Droujba, qui assure 13% de la consommation européenne en alimentant la Pologne et l'Allemagne au nord, l'Ukraine, la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie au sud, les livraisons de pétrole russe ont été interrompues lundi en raison du différend entre Moscou et Minsk sur les hydrocarbures (EUROPE n° 9337). Soupçonnant Minsk de siphonner le pétrole russe destiné à l'Union pour compenser la surtaxation par la Russie de ses livraisons au Bélarus, Moscou accuse son voisin d'être responsable des ruptures d'approvisionnement. Depuis lundi, c'est en ordre dispersé que réagissent les dirigeants européens. « Il n'y a aucun risque dans l'immédiat pour les fournitures d'énergie vers l'Europe, mais il est inacceptable que les fournisseurs ou les pays de transit prennent des mesures sans consultations. Bien sûr, cela nous préoccupe », a déclaré mardi depuis Berlin José Manuel Barroso à l'issue de la rencontre entre la Commission européenne et le gouvernement allemand. « C'est inacceptable en l'absence de consultations préalables », a renchéri la chancelière allemande et présidente du Conseil européen Angela Merkel, avant d'ajouter: « Cela entame la confiance (à l'égard de la Russie et du Bélarus) et complique la mise en place d'une relation de coopération fondée sur la confiance ». Si le ministre allemand de l'Economie, Michael Glos, s'est dit confiant dans une reprise « rapide » de l'approvisionnement, la Pologne s'est montrée, elle, moins conciliante:
« Cela montre que les livraisons de pétrole en provenance de cette direction ne sont pas fiables », a accusé le ministre de l'Economie Piotr Naimski. Le Commissaire à l'Energie Andris Piebalgs a convoqué pour jeudi une réunion du Groupe d'approvisionnement en pétrole pour évaluer l'impact pour l'Union de cette perturbation. (eh)