Berlin, 09/01/2007 (Agence Europe) - « Il est impossible pour une Présidence de résoudre tous les problèmes (de l'Union européenne) » mais le trio de présidences que l'Allemagne forme avec le Portugal (deuxième semestre 2007) et la Slovénie (premier semestre 2008) aura à cœur de « faire tout son possible pour donner de l'Europe l'image d'un continent avec un programme ambitieux », a déclaré mardi Angela Merkel à l'issue de la réunion conjointe entre les membres de la Commission européenne et ceux du gouvernement allemand à Berlin. Prônant la coopération entre les institutions communautaires et les Etats membres, la chancelière allemande est revenue devant la presse sur les principaux thèmes et enjeux qui occuperont sa Présidence du Conseil de l'UE. « Nos buts sont exactement les mêmes », a convenu le Président de la Commission, José Manuel Barroso, qui, aux côtés de Mme Merkel, a convenu que cela n'impliquait pas que l'institution qu'il préside et l'Allemagne soient d'accord « sur tous les aspects ». Et de lancer, en se rangeant derrière le leitmotiv choisi par Berlin pour accompagner sa Présidence: « Europa gelingt gemeinsam » (« Ensemble nous réussirons l'Europe »).
Le paquet énergie, que la Commission adoptera ce mercredi (EUROPE n° 9339), a notamment été évoqué à Berlin, au moment même où le différend entre Moscou et Minsk sur l'interruption des fournitures de pétrole par l'oléoduc Droujba ravive la question de la sécurité énergétique (voir autre nouvelle page 9). Les événements récents nous donnent raison et justifient que la sécurité énergétique soit une priorité, a expliqué Mme Merkel, qui souhaite plus de concurrence, plus d'efficacité et plus de transparence dans le secteur. « C'est la démonstration qu'il nous faut une politique énergétique commune », a pour sa part exhorté M. Barroso, à la veille de la présentation d'un paquet très complet de la Commission sur l'énergie et le changement climatique, deux sujets à propos desquels Mme Merkel voit une « volonté internationale d'avancer ». L'enquête de la Commission sur la concurrence dans le secteur de l'énergie « a montré que le statu quo n'est pas une option et qu'il faut changer le statu quo », a aussi précisé M. Barroso.
La Présidence allemande souhaite donner au moins « une petite impulsion » en faveur du Traité constitutionnel, mais « ici nous dépendons de la volonté de coopérer de tous les Etats membres », reconnaît Mme Merkel. Le fait que l'Allemagne ait placé la Constitution au cœur de son programme est « un signal important », car « nous ne pouvons plus utiliser à l'avenir les mêmes instruments que par le passé », s'est félicité M. Barroso, qui soutient les efforts de la Présidence en faveur d'une solution institutionnelle. « Il nous faut adapter nos institutions à l'Europe élargie ». Ce travail doit aussi permettre d'« expliquer aux citoyens pourquoi nous avons besoin d'Europe et de lutter contre les mythes sur l'euro, la charge administrative ou l'élargissement », a-t-il ajouté, en jugeant qu'il s'agissait là de succès pour l'UE.
Sur le plan économique, les perspectives sont « les meilleures depuis des années » et offrent une opportunité de progresser sur la voie des objectifs de Lisbonne, a poursuivi M. Barroso, qui exhorte les Etats membres à ne pas relâcher leurs efforts de réformes. Décidée à œuvrer à son tour en faveur du mieux légiférer (« better regulation »), la chancelière Mme Merkel a estimé que « la Commission et les Etats membres doivent tirer dans le même sens », en particulier pour réduire la charge administrative des entreprises. La Commission fera des propositions et le Conseil européen de printemps débattra de la question.
« J'espère que les négociations démarreront sous notre Présidence », car nous avons besoin d'un accord de partenariat et de coopération renouvelé avec la Russie, a aussi déclaré la chancelière, qui juge particulièrement nécessaire un « nouveau langage concernant l'énergie ». Et de se déclarer confiante que la Pologne pourra accepter le lancement des négociations dans « les mois prochains », en échange de certaines garanties d'une levée de l'embargo imposée par Moscou sur la viande polonaise. La chancelière se rendra à Moscou le 21 janvier prochain pour discuter avec le Président Vladimir Poutine des obstacles au lancement des pourparlers en vue d'un nouvel accord.
« La Présidence et la Commission feront tout leur possible pour influencer la Libye pour assurer la libération des infirmières bulgares », a également assuré Mme Merkel. La situation des condamnés à mort est « complètement inéquitable », a pour sa part regretté le Président Barroso, qui espère que « les autorités libyennes comprendront combien c'est important pour leur coopération avec l'Europe ». (ab)