Bruxelles, 20/12/2006 (Agence Europe) - Succédant au Botswana, l'Union prendra le 1er janvier prochain la présidence du système de certification du processus de Kimberley. Issu de discussions en 2000 dans la ville du même nom en Afrique du Sud, le processus de Kimberley est une initiative conjointe des autorités gouvernementales, de l'industrie internationale du diamant et de la société civile visant à lutter contre les diamants dits « de la guerre » - des diamants bruts servant à financer des opérations militaires -, après l'expérience de conflits dévastateurs dans certains pays africains producteurs des pierres précieuses. Après l'adoption en décembre 2000 d'une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU, puis un accord international conclu en 2002, le système de certification de Kimberley, dont 44 Etats plus l'Union sont parties prenantes, est entré en vigueur en janvier 2003. Il vise à imposer des exigences très strictes à l'ensemble des participants dans le but de contrôler la totalité du commerce de diamants bruts et d'instaurer des contrôles internes rigoureux sur le plan de la production et de la commercialisation pour interdire aux « diamants de la guerre » l'accès au commerce légal de diamants. En outre, les participants au système de certification du processus de Kimberley ne peuvent vendre et acheter des diamants bruts qu'à d'autres participants. Toutes les exportations de diamants bruts doivent être assorties de certificats valides, délivrés par les participants, qui garantissent que les diamants concernés ne sont pas des « diamants de la guerre ». Depuis son entrée en vigueur, le système de certification du processus de Kimberley n'a cessé d'innover et de se renforcer en partie grâce à un contrôle étroit exercé, d'une part, dans le cadre de l'obligation de rapport annuel et, d'autre part, au moyen de visites d'évaluation par les pairs sur le terrain. Avec le soutien des États membres, la Commission, qui assurera la Présidence en 2007 au nom de l'Union, s'emploiera à garantir la bonne mise en œuvre des contrôles par l'ensemble des participants et à combler les lacunes qui subsistent. Dans ce contexte, elle envisage d'encourager l'industrie à s'auto-réglementer de manière active, le système européen d'auto-réglementation des entreprises gagnant fortement à servir de modèle à d'autres. La Commission entend, en outre, coopérer étroitement avec l'ONU sur les cas du Liberia et de la Côte d'Ivoire qui font tous deux l'objet d'un embargo sur les diamants. « Nous aurons à cœur de rendre encore plus efficace le processus de Kimberley en portant un coup d'arrêt au commerce illicite de diamants. Nous devons tarir la source de revenus pour ceux qui déclenchent des conflits meurtriers et faire en sorte que ceux qui achètent des diamants dans le monde puissent avoir la certitude qu'ils ne contribuent pas à cet effroyable marchandage », souligne dans un communiqué la Commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. (Plus d'informations sur le site: http://www.kimberleyprocess.com ). (eh)