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Bulletin Quotidien Europe N° 9332
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/bce

« Il est injuste de s'en prendre à la BCE », souligne Jean-Claude Trichet

Bruxelles, 20/12/2006 (Agence Europe) - Revenant mercredi devant la commission des affaires économiques et monétaires du PE sur la dernière hausse des taux d'intérêt de la zone euro, Jean-Claude Trichet a surtout défendu l'indépendance de la Banque Centrale Européenne (BCE) face aux critiques dont l'institution qu'il préside est la cible.

S'en tenant à la position présentée après la réunion du Conseil des gouverneurs du 7 décembre (EUROPE n° 9323), M. Trichet a d'abord rappelé que l'activité économique reste solide et que « les risques se trouvent plutôt dans la zone basse ». Les taux d'inflation globaux devraient néanmoins tourner autour de 2% l'année prochaine, et il faudra « suivre de très près » la situation, a-t-il rappelé, insistant notamment sur l'évolution salariale, qui « pourrait être plus forte que prévu ». Selon les projections des services de la BCE, le niveau des prix devrait se situer entre 1,5% et 2,5% en 2007 et entre 1,3% et 2,5% en 2008. A Sarha Wagenknecht (GUE-NGL, allemande), le président de la BCE a ainsi répété son « message général de prudence et de modération ». Offrant un éclairage sur la relation entre productivité, croissance potentielle et politique monétaire, M. Trichet s'est félicité des créations d'emplois intervenues depuis l'introduction de la monnaie commune. Au cours des huit dernières années, le taux de chômage a baissé (de 1,9 point de pourcentage, selon lui) et avec l'euro nous avons créé 11,73 millions d'emplois, a-t-il souligné. Auparavant pour la même zone géographique et la même durée, les créations d'emplois ne s'étaient élevées qu'à 2,65 millions. Au plan de sa politique, l'institution de Francfort ne fait pas une interprétation mécanique et les différentes hausses des taux, de 150 points de base depuis décembre 2005, se sont avérées totalement justifiées, a-t-il observé.

Si, dans le cadre de la pré-campagne électorale en France, de nombreux hommes politiques fustigent la politique monétaire de la banque, l'indépendance de cette dernière ne doit pas être remise en cause, a ensuite réaffirmé son président. Avec application, il a répondu à l'élu allemand de la CSU, Alexander Radwan, qui s'inquiète de voir « une grande coalition en France » tentée de rendre la BCE et l'euro responsables de la situation du pays. Une telle accusation est « injuste », a déclaré M. Trichet, qui affirme que lors de son passage à la tête de la Banque de France avant la création de l'euro, « 70% de la population française a soutenu notre politique monétaire ». Or, « j'ai toutes les raisons de croire que nous avons le même niveau de soutien du peuple français et de l'ensemble de la zone euro » et « la dernière indication dont je dispose est que, à la question: 'est-il important que la BCE soit indépendante des gouvernements pour assurer la stabilité des prix', la réponse a été positive à 73% dans la zone euro et à 75% en France ». Et de rappeler qu'à plusieurs reprises, l'indépendance de la BCE avait été approuvée en France (modification constitutionnelle en 1992, oui à Maastricht, votes au Parlement français) et que « les modérés et la gauche ont appelé à cette indépendance ». De toute façon, la Banque fait un exercice d'ensemble et « nous gérons la monnaie pour le compte de toutes les sensibilités politiques de tous les pays et avons en face de nous 315 millions de citoyens », a-t-il asséné.

« Vous avez raison, votre politique monétaire est cohérente et correcte », a ensuite approuvé le libéral allemand Wolf Klinz, qui s'inquiète des insuffisances des Etats membres en termes de consolidation budgétaire. La situation est bien meilleure que précédemment, en raison de la reprise cyclique de la croissance, a jugé le président de la BCE, mais, si dans certains pays les choses ont été faites « très sérieusement », dans d'autres « on pourra déceler quelques difficultés » si l'activité économique ralentit, prévient-il.

Interrogé à plusieurs reprises, notamment par la présidente de la commission parlementaire, la socialiste française Pervenche Berès, M. Trichet n'a toutefois pas souhaité commenter la décision de Téhéran de remplacer le dollar par l'euro pour calculer les sources de l'étranger et les revenus pétroliers (EUROPE n° 9330). Estimant que les informations restaient peu précises, voire « contradictoires », il s'est borné à indiquer: « Nous ne faisons pas campagne pour l'utilisation internationale de l'euro, mais nous ne la décourageons pas non plus ». (ab)

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