Strasbourg, 15/11/2006 (Agence Europe) - Les troupes européennes présentes en République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre de l'EUFOR, ont clairement contribué à la stabilisation et à la pacification du pays pendant le processus électoral. C'est la conclusion du président de la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen, le chrétien-démocrate allemand Karl von Wogau, qui s'est rendu, du 6 au 9 novembre à Kinshasa à la tête d'une délégation "ad hoc" du Parlement, et qui a rencontré les troupes européennes sur le terrain ainsi que des représentants de la mission des Nations unies, la MONUC. "Les troupes européennes ont agi comme force de stabilisation et ont empêché des escalades de violence", a indiqué M. von Wogau rappelant l'épisode de l'attaque de la résidence du candidat Jean-Pierre Bemba par des partisans du président Joseph Kabila, au mois d'août, où les troupes européennes, en particulier espagnoles et polonaises, ont "rapidement stabilisé la situation et rétabli la paix". Pour le président de la sous-commission défense et sécurité du Parlement, il est à présent fondamental de mettre en place une bonne stratégie de sortie du pays. Le mandat de l'opération, qui s'achève le 30 novembre, prendra fin bien avant le départ de tous les soldats de l'EUFOR. Dans ce contexte, "il faut trouver une formule permettant d'utiliser les troupes sur le terrain en cas de besoin" jusqu'au 10 décembre, date de la proclamation des résultats, et alors que l'UE disposera encore d'une "masse critique" de soldats. Au-delà, "ils ne seront plus assez nombreux pour être utilisés", estime le député. De toute façon, pour M. von Wogau, il ne faut pas prolonger la mission même si certaines voix de la MONUC ont plaidé en ce sens pendant son séjour à Kinshasa. "Je ne pense pas qu'il faut rester plus longtemps car le but de la mission était de dissuader et de sécuriser le pays pendant le processus électoral et c'est ce qu'a réussi l'EUFOR". Seul point noir aux yeux du député: la chaîne de commandement en "trois étapes" de la mission (le commandement des forces sur le terrain, à Kinshasa, doit faire rapport à Bruxelles via le quartier des opérations situé à Potsdam, en Allemagne). "Nous devrions réviser notre expérience avec cette chaîne de commandement. Je pense qu'il serait plus facile de diriger des troupes européennes sans passer par des quartiers généraux nationaux", estime M. von Wogau selon qui la cellule de planification des opérations civilo-militaires de l'UE, le Comité militaire de l'UE et l'Etat-major de l'UE (EMUE) "devraient être mis en état de diriger une telle opération". (dt)