Strasbourg, 15/11/2006 (Agence Europe) - José Manuel Garcia-Margallo (PPE-DE, espagnol) a présenté le 13 novembre en plénière le premier rapport annuel du PE sur les performances économiques dans la zone euro, la réponse du Parlement à la première édition du rapport de la Commission européenne sur la situation de la zone euro. L'élu du Partido popular a souhaité en particulier des rencontres régulières entre le Parlement européen et les parlements nationaux sur les questions économiques (rappelons qu'une réunion de ce type a déjà eu lieu à Bruxelles au sujet du processus de Lisbonne) ainsi que la tenue d'un dialogue trimestriel réunissant l'Eurogroupe, la Commission européenne et le Parlement, à l'instar du dialogue monétaire régulier entre les députés européens et le président de la Banque centrale européenne (BCE). « Je suis pleinement favorable à un tel dialogue », a assuré en plénière le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia. En suivant son rapporteur, la plénière a demandé par ailleurs une meilleure coordination de la politique des taux de change et de la représentation des pays de la zone euro dans les institutions financières internationales. En outre, le Parlement plaide une fois de plus pour une meilleure coordination des calendriers budgétaires nationaux et réclame des indications claires permettant de constater quels Etats membres ont fait, ou pas, de réels progrès dans la mise en œuvre des réformes économiques prévues par la Stratégie de Lisbonne.
Au cours du débat, le rapporteur a insisté à la fois sur la nécessité d'une plus grande transparence du processus décisionnel de la BCE (« nous voudrions savoir pourquoi elle fait ce qu'elle fait », a-t-il fait valoir), d'une interprétation stricte du Pacte de stabilité et de croissance et d'une mise en œuvre plus déterminée des réformes du processus de Lisbonne de la part des Etats membres. Ce débat se déroule dans « une situation politique complexe » (avenir de la Constitution européenne) et dans « une situation économique confuse », marquée par un potentiel de croissance de 2% à peine qui ne suffit pas à « absorber notre chômage » et à maintenir « notre niveau de vie », a-t-il constaté.
Selon les prévisions économiques d'automne que j'ai présentées la semaine dernière (voir EUROPE N.9300), tous les indicateurs économiques « pointent dans la bonne direction » , a répliqué le Commissaire Almunia, tout en admettant que le fonctionnement de la zone euro doit s'améliorer, tout comme sa représentation extérieure, qui doit être « cohérente ». En décembre prochain, la Commission adoptera son rapport sur la première année d'application des programmes nationaux de réforme des Etats membres dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne et évaluera de manière « explicite » la performance de chaque pays, a rappelé M. Almunia.
La socialiste française Pervenche Berès, présidente de la commission économique et monétaire du PE, a noté elle aussi que, alors que « certaines perspectives s'améliorent » dans la zone euro, « notre potentiel de croissance n'est pas pleinement utilisé » et le taux de change entrave les exportations européennes. Il nous faudra là davantage de « pilotage » politique, a-t-elle estimé. En outre, elle a exhorté la Commission et la Banque centrale, dans leur évaluation de la situation des Etats membres, à ne pas se concentrer uniquement sur les déficits budgétaires, mais à tenir compte aussi de leurs « forces et faiblesses », dans le cadre d'une analyse plus globale. Et, en citant le récent exemple de l'Italie, elle a mis en garde contre le danger que ce soient aux « agences de notation » à jouer un « rôle leader » dans l'évaluation de la performance des membres de la zone euro. (mg)