Bruxelles, 13/10/2006 (Agence Europe) - Un ordre du jour pléthorique attend le Conseil Affaires générales/Relations extérieures, élargi au Commerce et au Développement, qui se réunira ces 16 et 17 octobre à Luxembourg dans des formations à géométrie variable.
Les travaux, présidés par Erkki Tuomioja, ministre des Affaires étrangères de la Finlande, débuteront, le 15 octobre au soir, par un dîner informel des ministres du Commerce consacré à l'avenir de la politique commerciale de l'UE et des négociations de Doha (sur la base de la récente communication de la Commission, « Global Europe » -EUROPE n° 9278). Le dîner informel des ministres du Développement portera, lui, sur les accords de partenariat économique (APE) en cours de négociation avec six régions ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) et sur le financement de l'initiative « Aide au commerce ». Le lundi 16 octobre, une session conjointe des ministres du Commerce et du Développement sera suivie d'une session qui réunira les seuls ministres au Développement. Deux troïkas ministérielles - l'une avec la Turquie, l'autre avec la Serbie - auront lieu lundi en marge du Conseil. Le mardi, les travaux débuteront par une session conjointe des ministres des Affaires étrangères et de leurs collègues au Développement, suivie d'une session des seuls ministres des Affaires étrangères. Les Commissaires Louis Michel (Développement et aide humanitaire) et Peter Mandelson (Commerce) représenteront la Commission. Voici l'ordre du jour des travaux:
Session conjointe des ministres au Développement et des ministres chargés du Commerce
Aide au commerce: le Conseil aura un débat d'orientation et adoptera des conclusions sur cette initiative visant à aider tous les pays en développement à renforcer leurs capacités commerciales dans les domaines traités par les négociations commerciales multilatérales, et à accompagner la mise en œuvre des accords de partenariat économique actuellement négociés entre l'UE et six régions ACP. L'objectif du débat est de concrétiser l'offre faite par l'UE, à la conférence de l'OMC à Hong-Kong, de porter sa contribution à 2 milliards d'euros d'ici à 2010 (1 milliard d'euros de la Commission déjà presque atteint, et 1 milliard d'euros des Etats membres qui tardent à mettre la main au porte-monnaie). Les conclusions inviteront les Etats membres et la Commission à préparer en 2007 une stratégie commune d'aide au commerce.
Session des ministres au Développement
Efficacité de l'aide au développement: le Conseil aura un débat d'orientation axé sur la complémentarité des interventions de la Commission et des Etats membres, et sur la division du travail la plus opportune (qui fait quoi en tirant le meilleur parti des savoir-faire respectifs) pour accroître l'efficacité de l'aide européenne et réduire les coûts de transactions dans les pays en développement. Les conclusions du Conseil guideront la Commission dans la préparation d'une communication sur ces deux questions, attendue en février prochain.
Session conjointe des ministres des ministres des Affaires étrangères et des ministres au Développement
Cohérence et efficacité de l'aide extérieure: les ministres auront un débat ouvert au public axé sur l'intégration des préoccupations liées au développement dans le processus décisionnel de l'UE et sur les efforts à consentir pour améliorer l'efficacité, la cohérence et la visibilité des relations extérieures de l'UE. Ils adopteront des conclusions sur le rapport annuel de la Commission sur la politique de développement en 2006 et sur la mise en oeuvre de l'aide extérieure en 2005
Stratégie de l'UE pour l'Afrique: dans la perspective du rapport de progrès qui sera fait au Conseil européen de décembre, le Conseil fera le point, avec Javier Solana, le Haut représentant pour la PESC, et Louis Michel des progrès accomplis depuis l'adoption de la stratégie en décembre 2005 (EUROPE n° 9047).
Instrument de coopération pour le développement: le Conseil avalisera sans débat l'accord provisoire de deuxième lecture auquel il est parvenu, le 20 septembre avec le Parlement, sur l'instrument de coopération au développement créant un cadre simplifié pour le financement des interventions dans les pays en développement, doté d'un budget de 17 milliards d'euros jusqu'en 2013 (voir EUROPE n°9271).
Afrique du Sud: le Conseil adoptera des conclusions pour confirmer l'engagement de l'UE à établir avec l'Afrique du Sud un partenariat stratégique à long terme, comme l'a proposé la Commission en juin dernier (EUROPE n°9221).
Session des ministres des Affaires étrangères
Soudan: le Conseil adoptera des conclusions qui réitéreront ses vives préoccupations pour l'insécurité, les violations des droits humains et la situation humanitaire au Darfour, inviteront les parties qui ne l'ont pas fait à signer l'accord de paix , et souligneront que le déploiement d'une force de paix des Nations Unies est la seule option réaliste pour une sortie de crise durable.
Zimbabwe: les ministres discuteront de la situation dans ce pays auquel sont appliquées des sanctions au titre de la PESC et de l'accord de Cotonou.
Moyen-Orient: les ministres feront le point sur la situation dans la région et adopteront des conclusions sur le processus de paix israélo-palestinien ainsi que sur le Liban.
Balkans occidentaux: le Conseil adoptera des conclusions sur la Bosnie-Herzégovine (après les élections) ainsi que sur la Serbie et le Kosovo.
Géorgie/Russie: les ministres adopteront des conclusions exprimant la « grave préoccupation » de l'UE suite à la récente escalade des tensions entre les deux pays voisins. Le Conseil devrait aussi condamner les sanctions prises par Moscou à l'encontre de la Géorgie.
Corée du Nord: le Conseil fera le point de la situation avec la Corée du Nord près d'une semaine après son premier essai nucléaire. Il devrait en particulier faire part de leur profonde préoccupation, non seulement au regard de la situation dans la région Asie Pacifique, mais du risque de prolifération nucléaire.
Iran: les conclusions du Conseil soutiendront les efforts de M. Solana et rappelleront que l'offre de coopération technologique proposée par les « Six » reste entière. Devant le refus de Téhéran de suspendre ses activités d'enrichissement, le Conseil devrait affirmer, dans ses conclusions, que « l'Union n'a pas d'autre choix que de soutenir les consultations » pour définir des mesures à prendre, à l'ONU, contre l'Iran. (an, hb, eh)