Bruxelles/Beyrouth, 28/09/2006 (Agence Europe) - Les Libanais sont gâtés d'avoir un pays « tellement beau », et cette beauté les pousse à vouloir « fabriquer un paradis artificiel » au point que « l'on se demande constamment non pas quand, mais comment cette bulle va exploser », a affirmé le représentant de l'UE à Beyrouth, Patrick Renauld, en guise d'adieu au pays au terme de sa mission. « J'ai vécu de grands moments de bonheur, mais aussi de grands moments de tristesse », a déclaré le diplomate aux journalistes venus recueillir ses impressions avant de céder son poste, croyons-nous savoir, à Patrick Laurent, actuel chef d'unité responsable des pays du C.C.G. (pays du Golfe). Dans une interview accordée aux grands quotidiens libanais, le diplomate européen a affirmé: « Ce qui est étonnant, c'est que (cette bulle) n'éclate jamais là où on s'y attend ». Il a expliqué, selon L'Orient-le-jour, qu'à son arrivée au Liban, il y a cinq ans, il « s'attendait à ce que des problèmes sociaux ou économiques viennent déstabiliser le pays ; or, cela ne s'est pas passé. Au lieu de cela, il y a eu le conflit qui a opposé le Hezbollah à Israël ». M. Renauld ne note aucun progrès au sein de la classe politique, et remarque: « Chaque individu est une personnalité au Liban, c'est ce qui les rend tous attachants, mais aussi quelquefois agaçants ». Selon le quotidien, M. Renauld dresse un « bilan amer » de sa mission. « Rien n'a changé, vous aviez raison », aurait-il dit au téléphone au président du parlement Nabih Berri qui lui aurait prédit qu'aucun changement n'était possible au Liban. Cependant M. Renauld compte sur la prise de conscience déclenchée par la guerre: « Les Libanais se sont rendus compte que l'UE portait un intérêt particulier pour le Liban ». Selon M. Renauld, « rien ne sera plus comme avant, parce que la classe politique européenne a pris la mesure de sa responsabilité à l'égard de la région ».