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Bulletin Quotidien Europe N° 9146
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/kosovo

L'audition des Verts sur les minorités ethniques au Kosovo a confirmé les fortes tensions qui subsistent entre les différentes parties

Bruxelles, 07/03/2006 (Agence Europe) - « L'avenir du Kosovo: les minorités ethniques au Kosovo» était le thème d'une audition organisée le 6 mars par les vertes allemande et néerlandaise Gisela Kallenbach et Els de Groen et qui a réuni autour d'une table des représentants des Albanais, des Serbes et des Roms du Kosovo, et un représentant du gouvernement de Belgrade. Pour Rudko Kawczynski, le président du European Roma and Travellers Forum (ERTF), qui représente plus de 12 millions de Roms en Europe, les quelques milliers de Roms qui vivent encore au Kosovo sont systématiquement poursuivis, discriminés et logés dans des camps (« mahala ») démunis de tout confort et dont certains (à Mitrovica) seraient fortement contaminés par du plomb. « Ces conditions de vie indignes de tout être humain doivent être changées immédiatement », a-t-il insisté, n'hésitant pas à comparer ses « camps » à ceux de l'holocauste. Si l'on veut vraiment mettre un terme à la discrimination ethnique, sociale et politique des Roms du Kosovo, cette communauté doit obtenir le droit de participer aux négociations sur le statut du Kosovo, au moins en tant qu'observateur, estime M. Kawczynski. Les négociations sur le statut du Kosovo viennent de démarrer sous la direction de l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, sous les auspices des Nations unies. Lorsque ces négociations seront terminées, les Roms du Kosovo devraient pouvoir participer au gouvernement et avoir accès au système éducatif ainsi qu'à l'administration publique. Par ailleurs, leur langue devrait être reconnue comme l'une des langues officielles du Kosovo, demande M. Kawczynski. Les personnes ayant commis des crimes de guerre contre les Roms du Kosovo (avant et au cours et de la guerre de 1999) doivent être traduites devant la justice et des compensations doivent être payées aux Roms qui ont perdu des membres de leur famille ou des propriétés suite à ces crimes. En outre, les Roms ayant fui le Kosovo pendant et après la guerre de 1999 devraient avoir le droit d'y revenir en toute sécurité, et avec le droit de récupérer leurs anciennes propriétés, insiste M. Kawczynski.

La situation des Serbes du Kosovo est déplorable aussi, a expliqué pour sa part Dusan Batakovic, qui est conseillé du président de Serbie et membre de l'équipe de négociation de la Serbie sur le futur statut du Kosovo. Selon lui, il y aurait même eu « épuration ethnique » de la part de la majorité albanaise après l'arrivée de la communauté internationale au Kosovo en 1999 avec, comme résultat, « que près de 60% de la population serbe a été expulsée du Kosovo et de Metohija au cours des dernières six années ». « Il n'y a pratiquement plus de Serbes vivant dans des grandes villes comme Pristina (où, avant 1999, vivaient 40.000 Serbes), Prizren, Urosevac ou Pec », s'est exclamé M. Batakovic. Des « extrémistes albanais » seraient aussi responsables de la disparition de 1.300 Serbes et de la mort d'un même nombre de Serbes depuis 1999. Ces mêmes « extrémistes albanais » détruisent aussi, « de manière systématique », les monastères, les églises et les cimetières serbes, a affirmé M. Batakovic qui conclut: « Quel est l'objectif de tout cela ? Etablir une nouvelle réalité politique que la Serbie considère comme inacceptable: le Kosovo et Metohija comme une terre ethniquement purifiée et exclusivement albanaise ». La situation de la communauté serbe de Kosovo n'est pas compatible avec l'objectif de créer un Kosovo multiethnique et multiculturel, estime M. Batakovic qui demande que le respect des droits fondamentaux de toutes les minorités non-albanaises de Kosovo soit la priorité des médiateurs internationaux et une condition préalable à la poursuite des négociations sur le futur statut du Kosovo.

Ylber Hysa, membre de l'équipe des Albanais du Kosovo pour les négociations sur le futur statut du Kosovo, a réfuté toutes les accusations avancées par les Roms et les Serbes. « Nous, au Kosovo, nous partageons les valeurs de l'Union européenne telles que démocratie, liberté et justice sociale. Nous suivons aussi les principes de tolérance et de respect de la diversité. (…) Toute la population du Kosovo, la majorité (albanaise) et les minorités, ont une responsabilité partagée pour l'avenir (…). Notre avenir commun est, avant tout, l'Union européenne (…). Nous devons travailler ensemble pour remplir les conditions requises pour adhérer à l'Union européenne », a-t-il dit. Afin de permettre aux minorités du Kosovo de fournir leur contribution aux processus de négociation sur le statut, un Conseil Consultatif des Communautés a été établi, composé de représentants de toutes les communautés (y compris les Bosniaques, les Ashkali, les Egyptiens, etc.) du Kosovo. « Le Kosovo a l'intention de respecter toutes ses obligations internationales » en matière de respect des droits de l'Homme et des minorités, a insisté M. Hysa. « Ces garanties ont déjà été données aux médiateurs internationaux » autour de Martti Ahtisaari, a-t-il précisé. « Le Kosovo indépendant garantira l'égalité de tous ses citoyens devant la loi, y compris pour les membres des minorités ethniques. Personne ne sera discriminé pour des raisons de sexe, de race, de religion, d'appartenance ethnique, de langue, de convictions politiques, de croyance religieuse ou d'origine sociale, économique ou d'éducation », a assuré
M. Hysa. Les autorités du Kosovo sont aussi prêtes à accepter la présence d'une mission d'observateurs internationaux pour vérifier le respect des normes internationales en matière des droits de l'Homme et des droits des minorités, a-t-il ajouté.

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