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Bulletin Quotidien Europe N° 9146
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pesd

M. Solana plaide pour une approche moderne de la gestion des crises et appelle les Etats membres à développer une réelle capacité de soutien de l'UE en cas de catastrophes naturelles

Innsbruck, 07/03/2006 (Agence Europe) - Lors de réunion informelle des ministres de la Défense des Etats membres de l'UE, à Innsbruck, le Haut représentant de l'UE pour la PESD Javier Solana a plaidé, le 6 mars, pour une approche moderne de gestion des crises dans le monde, grâce à des missions aussi bien civiles que militaires. Dans la perspective de la réunion du Conseil des ministres de la Défense qui évoquera le 15 mai, avant le Conseil européen des 15 et 16 juin, les interventions de l'UE en cas de catastrophes naturelles grâce aux moyens de la PESD, M. Solana a appelé les Etats membres à soutenir les efforts de la Présidence autrichienne en vue de « développer une capacité réelle d'action faisant recours aux moyens et instruments militaires en soutien de la protection civile et de l'aide humanitaire ».

Coordination civilo-militaire: lors d'une conférence de presse, le 6 mars à Innsbruck, le président du Conseil des ministres de la Défense de l'UE, Günther Platter, a plaidé pour une meilleure coordination civilo-militaire des missions de gestion des crises de l'UE, comme en Bosnie-Herzégovine. Selon lui, en particulier, un rôle renforcé de l'UE au Kosovo passe inévitablement par une « coopération plus intensive entre le civil et le militaire ».

M. Solana a souligné à Innsbruck devant la presse la nécessité que l'UE se dote de « l'approche la plus moderne de gestion des crises ». L'expérience de notre action dans les Balkans et au Proche-Orient a clairement montré que le fait de travailler en séquence, d'abord sur le plan militaire, puis sur le plan civil, « n'est pas la meilleure des approches », a expliqué M. Solana, qui juge nécessaire de suivre, « d'entrée de jeu », la stratégie « la plus intégrée possible dans laquelle se retrouvent, côte à côte, les composantes militaires et civiles ». M. Solana a plaidé pour la mise en place de cellules de planification composées à la fois de civils et de militaires, et a rappelé la création, à Bruxelles, d'une cellule civilo-militaire au sein de l'Etat-major de l'UE dans laquelle militaires et civils se répartissent les tâches de la manière la plus intégrée possible.

Soutien de l'UE aux catastrophes naturelles: « ces derniers mois, nous avons constaté, après le Tsunami, le cyclone Katrina et le séisme au Pakistan, que l'assistance de l'UE n'est pas possible sans intervention militaire », a rappelé le ministre autrichien de la Défense, M. Platter, tout en soulignant le rôle subsidiaire joué par les militaires dans des actions où le rôle des civils est prépondérant. Il faut que les armées aient les capacités de travailler de façon rapide et efficace pour aider la population locale, a i nsisté M. Platter, en ajoutant « Les moyens militaires doivent être utilisés et la cellule civilo-militaire installée à Bruxelles doit coordonner ces interventions militaires pour offrir une assistance humanitaire le plus efficace possible ».
M. Solana a rappelé pour sa part que ce sont les civils qui chapeautent les opérations de soutien aux catastrophes naturelles, alors que les militaires sont chargés de la logistique et des premiers secours à déployer rapidement. Mais il ne s'agit pas d'opérations militaires stricto sensu, a-t-il tenu à préciser.

Dans son intervention devant les ministres, M. Solana a estimé que le tremblement de terre au Pakistan avait montré l'authentique valeur ajoutée qu'apporterait une aide européenne incluant tous les moyens qui sont à disposition de l'UE. « Il faut maintenant passer à l'action et s'y préparer. Le principe de l'utilisation complémentaire des moyens militaires est acquis. Nous avons déjà pu mesurer l'importance de ces capacités en cas de catastrophe majeure », a répété M. Solana. C'est dans cet esprit que j'ai transmis au Conseil européen de décembre 2005 des premières propositions concrètes « afin d'aller de l'avant rapidement », a rappelé M. Solana. Selon lui, il faudrait accentuer dans l'immédiat les efforts pour le transport de l'aide d'urgence, en soutien des actions des Etats et du rôle central des Nations unies (OCHA). Ces actions viendraient compléter et renforcer l'action de la Commission européenne dans ce domaine, a-t-il dit, en insistant: « c'est un secteur où nous pouvons faire la différence, même si les moyens militaires viennent en complément des moyens civils. Et cette différence se mesure parfois en termes de vies ». « Nous pouvons avancer vite. Tous les outils sont à la portée de la main. Mais la part essentielle de cet effort revient aux Etats membres », a lancé le représentant de l'UE pour la PESC, qui a salué les idées françaises « très généreuses » et « une intéressante contribution » du Royaume-Uni concernant le transport stratégique.

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