Bruxelles, 07/03/2006 (Agence Europe) - Après le repli constaté dans les pays membres au dernier trimestre 2005, l'activité économique s'est accélérée mais n'a pas atteint leur potentiel, estime l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) dont les projections intérimaires ont été publiées le 6 mars. Pour les pays du G7, l'organisation table sur une croissance de 0,8% au premier trimestre 2006 et 0,7% au deuxième trimestre. Elle observe toutefois certains risques, comme la volatilité des prix du pétrole mais aussi la situation sur le marché de l'immobilier qui est une source d'inquiétude dans certains Etats membres.
Les données économiques des Etats-Unis montrent un rebond au premier trimestre 2005 (1,1% et 0,9% par la suite) et le Japon devrait rester sur sa lancée de la fin d'année dernière (avec, lui aussi, respectivement 1,1% et 0,9%). Dans la zone euro, les indications provenant des données brutes dépeignent une situation encore fragile alors que les enquêtes sur la perception des entrepreneurs attestent d'une confiance retrouvée. La zone euro devrait enregistrer une croissance de 0,6% au cours des premier et deuxième trimestres de 2006, après seulement 0,2% à la fin 2005. En Allemagne, la confiance a atteint des niveaux élevés non seulement dans les domaines orientés vers l'exportation, mais aussi pour les entreprises largement dépendantes de la demande interne (construction et vente de détail), observe l'OCDE. Dans l'ensemble, un rebond de la demande interne de la zone euro est anticipé pour la première moitié de l'année, souligne l'OCDE, qui juge toutefois que la croissance restera nettement sous son potentiel. En février, la Commission européenne avait, pour sa part, maintenu ses prévisions saisonnières pour la zone euro, anticipant pour 2006 une croissance de 1,9% et un taux d'inflation de 2,2% en moyenne (EUROPE n° 9136).
Alors que la Banque centrale européenne vient d'augmenter les taux d'intérêt de la zone euro d'un quart de point de pourcentage, l'OCDE appelle les banques centrales à la prudence (EUROPE n° 9143). Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l'OCDE, n'a pas exclu un nouveau resserrement monétaire de la Federal Reserve, dont le principal taux directeur est de 4,5% après toute une série de relèvements consécutifs, et estime que les taux d'intérêt devraient rester à leur niveau au Japon dans un proche avenir. Selon lui, dans la zone euro, tout nouveau mouvement de hausse devrait intervenir seulement en cas de « signes sans ambiguïté » d'une amélioration de la demande et d'une « montée des pressions inflationnistes sous-jacentes ». « Dans la zone euro, les tensions inflationnistes apparaissent bien maîtrisées » et en rythme annuel l'inflation semble « revenir à l'objectif », a déclaré à la presse M. Cotis, marquant ainsi une différence avec Jean-Claude Trichet, qui expliquait la semaine dernière que la hausse des prix à court et moyen terme devrait dépasser les 2% prônés par la BCE.
Soulignant lui aussi les risques d'emballement du marché immobilier, le Président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a constaté que les prêts bancaires aux particuliers ont augmenté « à une vitesse trois fois supérieure à celle du PIB en valeur ». Lors d'une rencontre avec des journalistes à Paris, M. Trichet a rappelé que si certains pays, comme l'Espagne, sont touchés par une bulle immobilière, d'autres, comme l'Allemagne, font plutôt face à une situation de dépression des prix de l'immobilier. Et d'assurer que la BCE resterait attentive au phénomène.