Bruxelles, 07/03/2006 (Agence Europe) - Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Abdelwahab Abdallah, fait le 7 mars une visite de travail à Bruxelles, où il doit être reçu par Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la PESC, la Commissaire aux relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, et Hans-Gert Poettering et Martin Schulz, présidents des groupes PPE-DE et PSE au Parlement européen. A l'ordre du jour de ces différents entretiens, les rapports eurotunisiens, euroméditerranéens et plus généralement la situation internationale, notamment au Moyen-Orient et les réactions du monde musulman suite à l'affaire des caricatures de Mahomet publiées dans la presse danoise. La situation politique interne, dont les déficiences ont été maintes fois épinglées par le Parlement européen, sera évoquée et les Tunisiens auront à coeur de faire valoir de récentes décisions de grâce à l'encontre de prisonniers, dont certains sont classés comme militants d'organisations islamistes. Pour la partie européenne, des efforts doivent être encore déployés, notamment pour régler un différend latent portant sur le financement européen d'associations tunisiennes de défense des Droits de l'Homme. En dépit des progrès en cette matière affirmés par le gouvernement tunisien, le Réseau EuroMéditerranéen des Droits de l'Homme (REMDH) les estime très insuffisants et, même, dans une lettre aux divers interlocuteurs de M. Abdallah ainsi qu'à la présidence en exercice du Conseil de l'UE et au président du Parlement européen, cosignée par la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), affirme qu'aucune "amélioration notable de la situation des Droits de l'Homme ne justifie une évolution" de la coopération entre l'UE et la Tunisie. Ces organisations demandent au contraire à l'UE d'indiquer aux autorités tunisiennes qu'elle « suspendra successivement ses différents programmes de financement tant qu'elles ne permettront pas aux ONG tunisiennes d'exercer librement leurs activités ». REMDH, FIDH et l'OMCT mettent en garde, en particulier, contre le financement envisagé par la Commission d'un "programme de renforcement de l'institution judiciaire". Elles affirment: "nous ne pouvons que dénoncer un tel accord dans le contexte actuel, s'il n'est pas assorti de changements substantiels" dans le fonctionnement de la justice. Elles citent dans ce contexte les tracasseries, harcèlements ou interdiction de fonctionnement d'associations de magistrats et d'avocats.