Innsbruck, 07/03/2006 (Agence Europe) - Réunis au sein du comité directeur de l'Agence européenne de la Défense (AED), les ministres européens de la Défense ont soutenu, le 7 mars à Innsbruck, l'idée de créer un fonds européen pour stimuler la recherche dans le domaine militaire, mais les modalités de cette initiative restent à définir, et les ministres espèrent parvenir à des résultats plus concrets lors de leur réunion du 15 mai à Bruxelles. Le Conseil européen des 15 et 16 juin pourrait ensuite prendre une décision sur la création d'un tel fonds, ce qui serait une première dans l'UE. Par ailleurs, les ministres ont décidé de lancer un projet pilote pour évaluer les possibilités de développer en commun certaines activités de recherche. Deux domaines possibles de coopération ont été identifiés: le renforcement de la protection des forces armées en opération et le développement du transport aérien stratégique. En outre, les ministres ont demandé à l'Agence une étude sur les conséquences des dépenses de recherche sur l'économie européenne.
Devant la presse, Javier Solana, le Haut représentant de l'UE pour la PESC qui préside le comité directeur de l'AED, s'est félicité des « résultats encourageants » de ses premières discussions sur les moyens d'améliorer, « ensemble », les investissements de recherche et technologie dans le domaine de l'armement et de la défense. « Nous avons présenté une première version de propositions qui devraient nous permettre d'agir ensemble » dans ce domaine, a dit M. Solana, qui a rappelé que les Etats membres ne sont pas obligés de participer à cet exercice qui relève du domaine intergouvernemental. « Je pense que les Etats membres souhaitent continuer à « dépenser plus, mieux et ensemble dans la recherche », s'est-il réjoui. Ces résultats positifs encouragent donc M. Solana et l'Agence à présenter un document de réflexion plus précis, qui sera examiné en mai par les ministres de la Défense et en juin par le Conseil européen. M. Solana a précisé que les Etats membres seraient libres de contribuer ou non au fonds commun sur les investissements de recherche. Le montant de ce fonds, qui serait géré par l'AED, n'a pas encore été défini mais devrait rester modeste.
Sans s'opposer à la création de ce fonds, le ministre britannique de la Défense, John Reid, a clairement indiqué que son pays n'entendait pas participer financièrement, et a noté que le Royaume-Uni et la France dépensaient à eux seuls 70% du montant consacré par l'UE à la recherche et au développement dans le secteur de la défense. En outre, le Royaume-Uni n'est pas intéressé à participer aux projets de recherche sur la protection des forces armées, un domaine dans lequel il est déjà très avancé. Par contre, il incite les autres pays à développer ensemble les activités de transport stratégique, pour intervenir rapidement notamment en cas de catastrophes naturelles. M. Solana a reconnu lui-aussi que, grâce au lancement de ce projet pilote, « on verra bien combien de pays sont intéressés et le budget nécessaire pour développer ces technologies ». Ce projet pilote a été généralement bien accueilli par les Etats membres, même si certains sont plus avancés que d'autres, estime M. Solana.