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Bulletin Quotidien Europe N° 9125
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/etats-unis

Washington veut des sanctions économiques contre l'Iran, si nécessaire même sans le soutien de l'Onu - Le Hamas doit préciser sa position

Bruxelles, 06/02/2006 (Agence Europe) - Le Secrétaire d'Etat adjoint américain aux Affaires européennes, Kurt Volker, a participé le 6 février à Bruxelles à une rencontre de la Transatlantic Task Force qui se réunit trois fois par semestre pour discuter des relations transatlantiques et préparer les Sommets annuels UE/Etats-Unis. Le prochain Sommet se tiendra en juin à Vienne (la date exacte n'est pas encore indiquée), avec le Président Bush qui a finalement décidé de faire le déplacement, a annoncé M.Volker. Devant un petit groupe de journalistes, M.Volker a fait le point sur plusieurs sujets d'actualité.

Iran. La décision du Conseil des gouverneurs de l'AIEA de transférer le dossier au Conseil de sécurité (voir autre nouvelle) est un « pas important » qui, à terme, devrait aboutir à des sanctions économiques pour contraindre Téhéran à renoncer à ses plans nucléaires militaires et à reprendre la coopération avec la communauté internationale, a estimé M.Volker. « Il reste à voir si les sanctions auront l'effet escompté. Mais l'Iran est un pays qui tient beaucoup à son engagement dans la communauté internationale. Remettre cet engagement international en question (via des sanctions économiques) est le bon et juste prochain pas à faire. M. Volker a souligné l'importance que Washington attache au fait que l'affaire iranienne soit désormais dans les mains de l'ONU, en affirmant: « Nous pensons que les Nations Unies doivent exercer leurs responsabilités dans ce dossier », et pour aboutir à un consensus au sein du Conseil de sécurité, il faudra la coopération et la bonne volonté de tout le monde, y compris de la Chine et de la Russie qui seront des « pays clés ». M.Volker a aussi laissé entendre qu'en cas de désaccord à l'ONU sur les prochaines mesures à prendre, les Etats-Unis et d'autres pays pourraient légitimement envisager des sanctions économiques en dehors des structures onusiennes et sans l'aval du Conseil de sécurité. « Si nous ne faisons pas cela (aboutir à un consensus au Conseil de sécurité), nous serons confrontés à la question de savoir ce que nous allons faire, car il s'agit d'un problème sérieux ». « Je ne pense pas qu'il y aurait un problème de légitimité si les Etats-Unis, l'Europe ou d'autres appliqueraient des sanctions » contre Téhéran sans le soutien de l'ONU, a estimé M.Volker.

Hamas/Palestine. « Nous avons clairement fait savoir que les Etats-Unis ne continueront pas à financer une Autorité palestinienne qui ne renoncerait pas à la violence ou qui ne reconnaîtrait pas le droit d'Israël à exister », a insisté M.Volker. Afin de clarifier la situation, « la meilleure solution serait que le Hamas fasse des déclarations et précise sa position ». Pour faire progresser le processus de paix, il est absolument indispensable que les deux côtés acceptent la solution finale des deux Etats coexistant en paix et sécurité, sinon il n'y aura pas de progrès vers la paix, a-t-il dit.

Islam/caricatures. La liberté de la presse doit être préservée et défendue, mais il est aussi important de veiller à ce qu'elle soit « exercée avec responsabilité », ce qui veut dire que l'administration Bush n'aurait « certainement pas » soutenu la publication des caricatures qui sont « répréhensibles ». De l'autre côté, la réaction du monde musulman doit être « mesurée », ce qui, à présent, n'est plus le cas. « Les violences des derniers jours vont au-delà de ce qui est justifié », a estimé M. Volker. M.Volker soupçonne certains Etats, comme la Syrie, de nourrir les protestations pour en tirer du profit politique. Tous les Etats dans lesquels des ambassades ont été attaquées ont, au titre de la Convention de Vienne, la responsabilité de protéger les représentations diplomatiques, a souligné M.Volker.

Vols et prisons de la CIA en Europe. La commission temporaire du Parlement européen a envoyé aux autorités américaines des lettres demandant des informations sur cette affaire et, selon M.Volker, Washington a déjà répondu en rappelant essentiellement les différents points déjà exposés par Condoleezza Rice lors de sa visite à Bruxelles en décembre (EUROPE n°9085), à savoir: les Etats-Unis ont respecté les lois américaines et leurs obligations internationales, ils respectent pleinement la souveraineté de leurs alliés, ils ne feront aucun commentaire sur des cas spécifiques et individuels. Les Etats-Unis sont donc prêts à collaborer avec les Européens, y compris le PE, pour traiter de ce « sujet sérieux », mais il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils fournissent des informations sur des cas individuels, a expliqué M.Volker, qui s'est par ailleurs félicité du fait que le débat en Europe sur ce sujet ait apparemment« refroidi ».

Réforme de l'OTAN. Dans le cadre de sa future réforme, l'Alliance atlantique devrait aussi envisager de formaliser ses relations avec les pays tiers avec lesquels elle travaille dans le cadre de ses nombreuses opérations militaires aux quatre coins du monde, par exemple en Afghanistan, où elle coopère étroitement avec la Nouvelle-Zélande, l'Australie ou le Japon (voir autre nouvelle). « Nous devrions peut-être réfléchir à la possibilité de créer une nouvelle forme de relation avec ces pays, une sorte de partenariat, de liaison ou quelque chose d'autre », a-t-il estimé. Sur la réforme même de l'OTAN, Washington n'a pas encore d'idée précise. « Nous en discutons au sein de l'Alliance en vue d'avoir une vue plus claire jusqu'au Sommet de novembre prochain à Riga », a indiqué M.Volker. Washington soutient fortement les progrès de l'UE en matière de politique de défense et de sécurité, a-t-il assuré. « Nous ne voyons pas de raison pour laquelle cette politique serait en concurrence avec l'OTAN. La PESD peut être menée d'une façon très transparente et fonctionnelle », a-t-il affirmé.

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