Bruxelles, 06/02/2006 (Agence Europe) - Face à la flambée de protestations contre les caricatures du prophète Mahomet parues dans la presse européenne, violences qui ont culminé le week-end dans des attaques contre les bureaux de l'UE dans les territoires palestiniens et l'incendie des ambassades danoise, suédoise et norvégienne à Damas et à Beyrouth, la Présidence autrichienne a rappelé lundi aux principaux pays concernés que le droit international (Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités) les oblige à protéger les ambassades et représentations diplomatiques situées sur leur territoire. Au nom de l'UE, la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik a adressé ce message à l'Egypte, l'Algérie, l'Ethiopie, l'Iran, la Jordanie, l'Indonésie, le Koweït, le Liban, la Libye, la Malaisie, le Maroc, Oman, le Pakistan, l'Arabie Saoudite, la Syrie, la Tunisie, la Turquie, les Emirats Arabes Unis et l'Autorité palestinienne. La Présidence autrichienne a par ailleurs protesté après des autorités à Damas, à Beyrouth et à Ramallah contre les mises à sac des ambassades, et une représentante de l'Organisation des pays islamiques a été convoquée lundi au ministère autrichien des Affaires étrangères à Vienne pour lui faire part des exigences de l'UE en matière de protection des citoyens européens et des représentations diplomatiques.
Samedi, la présidence avait déjà publié une déclaration dans laquelle elle condamnait fermement les attaques contre les biens et les représentations européennes. « De tels actes ne peuvent être justifiés d'aucune façon et ils sont totalement inacceptables », affirmait la présidence, qui demandait aussi aux autorités compétentes des pays concernés de prendre les « mesures adéquates afin de garantir la sécurité des citoyens et des biens européens ». Toutes les parties étaient appelées « à faire preuve de retenue et à s'abstenir de toute violence ultérieure, et de la prévenir ».
Lundi, alors que les protestations massives se poursuivaient dans de nombreux pays (avec des morts en Afghanistan) et que l'Iran annonçait la suspension des échanges commerciaux avec le Danemark, la Commission européenne a appelé au retour au calme. « Nous espérons et souhaitons un retour à un débat apaisé », a commenté lundi son porte-parole, Johannes Laitenberger. « La Commission est consciente du fait que les caricatures ont offensé de nombreux musulmans à travers le monde, mais aucun sentiment d'injustice, réel ou perçu comme tel, ne justifie des actes de violence comme ceux qui ont été perpétrés ce week-end », a-t-il dit, en soulignant qu'« une large majorité de musulmans, tout en maintenant leurs critiques, ont pris leurs distances » à l'égard de ces violences.