Bruxelles, 15/07/2005 (Agence Europe) - La Chambre de commerce chypriote turque (KKTO) a écrit jeudi à la Présidence britannique pour lui proposer sa solution pour sortir du blocage sur le commerce direct entre les Chypriotes turcs et l'Union européenne. Présentée par la Commission européenne il y a tout juste un an, cette proposition est toujours bloquée par la République de Chypre, qui administre le sud de l'île, parce qu'elle y voit une reconnaissance de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée.
La KKTO propose de ne plus parler de « commerce direct » entre le nord de l'île et l'Union européenne, mais de mettre en place une « libéralisation du commerce » en poussant beaucoup plus loin les échanges qui ont commencé à s'instaurer entre le nord et le sud de l'île sur la base du règlement dit de « la ligne verte ». Elle suggère un espace de libre-échange qui comprendrait toute l'île de Chypre, l'Espace économique européen et la Turquie, en tenant compte de l'extension attendue de l'accord d'union douanière UE-Turquie à Chypre.
Jusqu'à présent, la réglementation « ligne verte » est « inefficace et insuffisante », écrit la KKTO dans sa lettre ouverte au représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l'Union européenne. Insuffisante parce que les véhicules commerciaux (taxis, camions…) ne peuvent pas passer, pas plus que les équipements nécessaires pour les services, ou les produits animaliers, affirme la KKTO, qui assure par ailleurs que différents quotas et règles sanitaires empêchent le commerce des agrumes et des pommes de terre, pourtant a priori autorisés par le règlement « ligne verte ». La KKTO estime que la proposition de règlement sur le commerce direct entre le nord de l'île et l'UE, présentée par la Commission européenne, « ne changerait pas grand-chose » parce que ce règlement serait fondé sur « les mêmes principes » que la réglementation « ligne verte », et reposerait sur « deux économies distinctes » du nord et du sud de l'île.
La KKTO demande donc ce qu'elle appelle un « paquet de libre-échange », qui étendrait le règlement ligne verte à tous les produits qui viennent du nord sans vérification des règles d'origine, et permettrait le commerce sans distinction depuis toute l'île vers tout l'Espace économique européen. La KKTO demande aussi que les ports du nord puissent rouvrir, en fonctionnant selon les règles de l'acquis communautaire, et estime, en contrepartie, que la Turquie devrait accepter l'accès des bateaux chypriotes grecs à ses ports.
LA KKTO appelle aussi à débloquer l'aide de 259 millions d'euros promise au nord de l'île par l'Union européenne, suspendue pour l'instant au règlement du dossier sur le commerce direct.