Bruxelles, 15/07/2005 (Agence Europe) - Dans une lettre adressée le 14 juillet aux différentes institutions communautaires, les présidents de quatre associations européennes de professionnels et entreprises de pêche demandent des mesures pour remédier aux conséquences de la hausse du prix du gazole. La lettre est signée par Europêche (Association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE), la section Pêche de la Cogeca (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE), l'Association européenne des organisations de producteurs (AEOP) et la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF), des organisation qui « sont à présent exaspérées » par le fait que les différentes réunions tenues en juillet à Bruxelles ont clairement démontré que la Commission européenne « est aujourd'hui incapable de proposer quoi que ce soit à court terme pour aider le secteur de la pêche à surmonter la crise du gasoil ».
Selon ces quatre organisations, qui rappellent le poids du carburant pêche dans le compte d'exploitation des entreprises (32%), la Commission « continue de réfléchir, demande des approfondissements et des études supplémentaires, s'abstenant de tout calendrier précis pour proposer des remèdes à la crise, alors que le secteur européen de la pêche est à bout de souffle et se sent complètement abandonné par l'Europe ». Ils demandent aux Etats membres de l'UE et à la Commission d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour du Conseil de lundi (18 juillet). Le dossier avait été évoqué fin juin au Conseil, à la demande de la délégation belge, et le Commissaire européen chargé de la pêche, Joe Borg, avait souligné surtout la nécessité de trouver des solutions à long terme pour surmonter les conséquences d'un carburant qui devrait rester cher pendant longtemps (EUROPE n°8975).
Les professionnels demandent aux Etats membres de faire pression auprès de la Commission pour remonter à 10 000 euros le seuil de 3000 euros par entreprise du secteur de la pêche en matière d'aides «de minimis ». Parmi les autres solutions suggérées par la profession figurent: - la modification des dispositions du règlement Ifop (l'instrument financier d'orientation de la pêche) pour autoriser des investissements communautaires qui encouragent les économies d'énergie (remplacement d'un moteur moins nuisible pour l'environnement, sans augmentation de l'effort de la pêche) ; - la reconversion de navires vers d'autres formes de pêche moins consommatrices d'énergie ; - la possibilité d'octroyer des indemnités aux pêcheurs et aux propriétaires de navires pour l'arrêt temporaire d'activités en raison du haut niveau du prix élevé du carburant ; - un emprunt garanti par des fonds publics et un soutien à la recherche de possibilités d'utilisation d'autres énergies que le gasoil ; - la mise en place de taxes sur les importations de produits de la pêche en provenance de pays tiers. « Les ministres européens de la Pêche ne peuvent rester insensibles à la crise sociale qui s'installe et aux demandes légitimes des pêcheurs, et devraient par conséquent opter pour une mobilisation dans les meilleurs délais », concluent les présidents de ces organisations.