Bruxelles, 15/07/2005 (Agence Europe) - Réunis à San José (Costa Rica) le 7 juillet dernier, les présidents des pays d'Amérique latine producteurs de bananes (Costa Rica, Colombie, Equateur, Guatemala, Panama, Nicaragua et Honduras) ont décidé de se constituer en bloc pour s'opposer aux droits que l'Union européenne tente d'imposer sur ses importations de bananes. L'UE a en effet notifié à l'OMC, le 1er février dernier, qu'elle comptait tripler le tarif douanier sur l'importation des bananes en provenance d'Amérique latine. Celui-ci passerait ainsi de 75 euros par tonne métrique à 230 euros par tonne métrique. Pour rappel, l'UE s'était engagée, en 2001, à modifier son système de quotas d'importation pour lui substituer, à compter de 2006, une protection uniquement tarifaire.
Dans son discours d'ouverture, Abel Pacheco, président du Costa Rica, a donc demandé aux autorités compétentes de mettre en place une « Union régionale des pays exportateurs de bananes, qui supporte les exportateurs latino-américains dans leurs initiatives communes en ce qui concerne le domaine de la production bananière ». Cette union est une première dans l'histoire de ces pays où des centaines de milliers d'emplois sont générés par l'activité bananière. Dans leur déclaration commune, les présidents latino-américains estiment que tous ces postes sont « menacés par la prétention de l'Union européenne d'augmenter le tarif douanier ». Ils affirment aussi qu'une telle augmentation saperait les efforts entrepris depuis des années en Amérique latine pour atteindre de hauts niveaux de qualité, de compétitivité et de productivité dans cette branche importante de l'activité agricole. Selon eux, le niveau tarifaire actuel de 75 euros par tonne métrique est déjà « restrictif », aussi la situation deviendrait « encore plus grave » et « aurait un impact négatif sur la stabilité économique, financière et générale de toute la zone ». Ces pays pressent donc l'Union européenne de respecter de façon urgente les engagements pris lors du cycle de Doha en 2001 en ce qui concerne le commerce avec les pays en développement.