Bruxelles, 18/02/2005 (Agence Europe) - Dans son évaluation intérimaire des perspectives économiques dans les pays du G7 et de la zone euro rendue publique jeudi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que « les conditions sont réunies pour une accélération de la croissance mondiale en 2005 malgré un tassement au dernier trimestre 2004 ». La croissance au quatrième trimestre 2004 a été significativement plus faible que prévu dans les pays du G7 et ne devrait pas dépasser 1,5%, contre les 2,5% prévus en novembre dernier. « La hausse du prix du pétrole et l'affaiblissement du dollar ont continué à pénaliser la croissance économique l'année dernière », explique Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l'OCDE, ajoutant toutefois que cette « déception » pour 2004 ne concernait ni les pays anglo-saxons, ni la France. En rythme annuel pour 2004, l'OCDE a confirmé sa prévision de croissance économique de 1,8% dans la zone euro et de 4,4% aux Etats-Unis, mais a revu à la baisse celle du Japon, à 2,6% (contre 4% prévus). L'OCDE estime toutefois que la bonne santé de certains fondamentaux laisse envisager un redressement de l'activité au premier semestre 2005, même s'il n'est pas « spectaculaire ». Elle souligne que, dans la zone euro notamment, le retour de la confiance des ménages permet d'envisager une augmentation de l'investissement, malgré l'atonie du marché de l'emploi. L'OCDE anticipe au premier trimestre 2005 une croissance de 0,4% dans l'ensemble de la zone euro - 0,5% en Allemagne et 0,6% en France notamment -, de 0,7% au Royaume-Uni, de 1% aux Etats-Unis et de 0,5% au Japon. En rythme annuel, la croissance pourrait atteindre 2% dans la zone euro, 2,5% au Royaume-Uni, 3,5% aux Etats-Unis et 2% au Japon.
L'OCDE recommande toutefois au G7 et aux pays de la zone euro en particulier de poursuivre la réduction des déficits publics ainsi que la mise en œuvre des réformes structurelles. « Si la reprise de l'investissement en Allemagne est une condition essentielle au retour d'une croissance solide en Europe, la France pourrait faire bien mieux qu'une croissance potentielle de 2% (…). L'économie française a certainement quelques bonnes caractéristiques intrinsèques mais le taux d'utilisation du travail reste extrêmement bas. Il faut comparer la France à ce qu'elle pourrait être et les réformes structurelles peuvent y contribuer », affirme M. Cotis, qui juge « appréciables » les mesures précises pour réformer le système des retraites et assouplir le système des 35 heures.