Bruxelles, 18/02/2005 (Agence Europe) - A la veille de la visite du Président Bush à Bruxelles, le Secrétaire général de la Confédération européenne des Syndicats (CES), John Monks, a déclaré: « J'ai été intrigué par l'intérêt manifesté par l'Administration américaine pour l'agenda de Lisbonne. Mais je voudrais mettre en garde la Commission afin qu'elle ne mette pas cela sur la table pour tenter d'échanger une libéralisation plus avancée en Europe contre une action de la part des Etats-Unis visant à réduire leur déficit massif et à stabiliser leurs taux de change, même si une telle action de leur part serait souhaitable ».
Dans un communiqué, la CES rappelle que les valeurs de l'UE sont fondées sur la Charte des droits fondamentaux insérée dans la Constitution européenne (économie sociale de marché, dialogue social, services publics décents, droits des travailleurs), et avertit que ces droits ne sont pas négociables. Autre sujet de préoccupation pour les syndicats: l'apparente indifférence des autorités européennes et américaines pour l'objectif qu'elles se sont pourtant fixé d'encourager le dialogue de peuple à peuple via toutes les parties concernées. Le fait de mettre l'accent exclusivement sur les relations entre les milieux des affaires ne rapprochera pas les Européens et les Américains mais les renverra plutôt dos à dos, estime la CES. Enfin, le refus permanent des Etats-Unis de ratifier et mettre en œuvre les normes internationales fondamentales du travail, comme celles concernant la liberté d'association et les droits à la négociation collective, inquiète les syndicats européens.
La CES rappelle qu'elle a des contacts étroits avec les syndicats américains (AFL-CIO) aux Etats-Unis et qu'elle continuera à travailler avec eux, dans l'intérêt des familles des travailleurs des deux côtés de l'Atlantique.