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Bulletin Quotidien Europe N° 8892
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/euromed/voisinage/algerie

L'Algérie débat de sa coopération avec l'UE et doute de ses avantages - L'ambassadeur algérien à Bruxelles critique le processus de Barcelone mais ne voit pas d'alternative viable

Bruxelles, 18/02/2005 (Agence Europe) - La Commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, se rendra en Algérie au printemps, annonce-t-on à Alger et la presse algérienne fait grand cas de cette annonce parce qu'aucune visite européenne à haut niveau n'a eu lieu récemment dans ce pays malgré la signature de l'accord d'association le 22 avril 2002 à Valence, en marge de conférence ministérielle.

A la même période que la visite de Mme Ferrero-Waldner, le parlement algérien devrait être saisi du texte de l'accord d'association en vue de sa ratification. L'Algérie avait conditionné l'ouverture de ce débat parlementaire à la ratification de l'accord par au moins quinze parlements des Etats membres de l'UE. Quatorze auraient déjà accompli cette procédure, selon de récents décomptes. Parallèlement, une délégation technique de la Commission européenne s'est rendue au début de la semaine à Alger pour y amorcer des conversations exploratoires pour la mise au point, concertée, du «plan d'action» pour l'Algérie dans le cadre de la «politique de voisinage».

Selon les médias algériens, ceci marque « la fin des malentendus », la sortie d'un « silence » dans lequel les diplomates algériens ne s'exemptent pas d'une certaine responsabilité. Il est temps, selon l'agence de presse nationale APS, qui cite des sources européennes, de «lever les malentendus qui se sont accumulés » et «de remédier aux négligences » dont a fait preuve la Commission à l'égard de l'Algérie. Outre la comparaison constante, avec l'évolution positive des rapports entre l'UE et le Maroc, voisin et rival, les Algériens ont le sentiment que la Commission doute de la validité de leurs réformes. Alger, pour sa part, a refusé de conclure avec l'UE un «accord intérimaire » anticipant les dispositions commerciales de l'accord d'association. Parmi les autres sources de «malentendus », il y aurait aussi le retard pris par les autorités algériennes dans la procédure de ratification, et l'absence d'un «dialogue politique». Selon l'agence APS, si « les diplomates algériens plaident coupables» et reconnaissent leur part de responsabilité - notamment pour ne pas avoir donné plus de visibilité à leur engagement à coopérer avec l'UE - ils s'interrogent en même temps sur les avantages que leur pays pourrait retirer de cette coopération.

L'APS note qu'il y a des « incertitudes » sur les avantages que procurerait l'association à l'UE. L'offre d'intégrer l'Algérie dans le marché intérieur européen, un des objectifs de la « politique de voisinage », ne semble pas davantage convaincre les Algériens vu « les écarts de développements» qui rendraient ces avantages théoriques. L'intention est prêtée au ministre algérien des Affaires étrangères de demander à l'occasion du 10e anniversaire du processus de Barcelone, des mesures de « rattrapage » notamment par le biais d'investissements « plus conséquents » avant d'envisager la conclusion du « plan d'action redouté ». Citant des « spécialistes et des experts » qui se « méfient » de l'approche actuelle, la presse indique que « la politique européenne de voisinage a un seul et unique objectif: celui d'obtenir une plus grande ouverture des économies des pays de la rive sud ».

La politique EuroMed est critiquée. L'ambassadeur algérien à Bruxelles, Halim Benattallah, écrit dans Le Quotidien d'Oran que « dix ans après sa mise en route, le processus de Barcelone a enregistré des évolutions contrastées» et « est loin d'avoir développé tout son potentiel ». Mais il observe aussi qu'il n'y a pas «d'alternative viable». L'Ambassadeur exprime une certaine suspicion quant à l'approche «bilatérale», désormais privilégiée par la Commission, dit-il, par le biais de la «la politique de voisinage », dont elle compte user comme « moyen de contournement ou de règlement de problèmes que la géométrie multilatérale (EuroMed: NDLR) n'aurait pas permis de surmonter ». Tout en appelant la Commission à faire moins « d'unilatéralisme », il souhaite qu'elle concentre ses efforts sur la région maghrébine pour pallier les insuffisances d'un processus de Barcelone dénaturé par l'élargissement et par l'octroi d'un statut spécifique à la Turquie. L'ambassadeur ne croit pas non plus au processus d'intégration sous-régionale dit « accord d'Agadir », et soutenu par l'UE (Alger refuse de se joindre aux autres pays de la rive sud engagés dans cette voie, estimant que, dans l'ensemble, c'est « le partenaire européen qui édicte les conditions » à remplir pour cette intégration « Sud-Sud ». Il s'interroge enfin, surtout dans le contexte de l'après 11 septembre sur les objectifs du dialogue politique, dont il ressort, selon lui, « une vision européenne ressentie comme une politique de 'containment' au sud de l'Europe» plus qu'une coopération véritable. La preuve, à son avis, est qu'Israël se «voit exonéré» de certains engagements sur les armes de destruction massive exigés des autres pays de la région.

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