Bruxelles, 07/12/2004 (Agence Europe) - A l'issue de la rencontre interparlementaire UE/Albanie, les 2 et 3 décembre à Bruxelles, les délégations ont dressé, dans une déclaration conjointe, un tableau assez sévère de la situation: en dépit des progrès réalisés jusqu'ici, l'Albanie devra redoubler d'efforts, en matière politique et économique, pour se rapprocher de l'UE.
Les parlementaires estiment que la capacité du gouvernement à mettre en œuvre les réformes nécessaires doit être renforcée et soulignent que l'absence de volonté politique de le faire entraverait sérieusement le processus de réforme et que, dès lors, la conclusion d'un accord de stabilisation et d'association (ASA) "pourrait être retardée". Les élections parlementaires de 2005 constitueront un test pour évaluer la capacité de l'Albanie à se mettre en conformité avec les normes européennes. C'est pourquoi les délégations appellent à la mobilisation de toutes les forces politiques du pays pour assurer des élections réellement démocratiques, sinon l'Albanie subira un sérieux retard dans son développement démocratique et "dans ses aspirations à intégrer les structures euro-atlantiques". La situation économique n'est guère plus brillante. Si les délégations se félicitent des "développements macro-économiques positifs", elles déplorent une économie en grande partie "informelle" et un environnement peu propice aux investissements. Les parlementaires sont aussi inquiets pour "la détérioration continue de l'environnement" dans les rivières et près des côtes.
L'Albanie a réalisé des progrès pour renforcer sa capacité administrative en perspective des négociations en vue d'un accord avec l'UE, mais les réformes doivent être accélérées si elle souhaite conclure les négociations "dans un délai raisonnable", affirme la déclaration, qui met l'accent sur: la lutte contre la corruption et le crime organisé, le renforcement du système judiciaire et de l'administration publique, le bon fonctionnement des institutions démocratiques et la stabilité politique, la réforme de l'économie, la mise en œuvre des normes européennes pour protéger l'environnement et les valeurs culturelles. L'Albanie a aussi fait d'énormes efforts pour combattre le trafic d'être humains et les autorités du pays ont clairement "montré leur volonté" de conclure des accords de réadmission avec l'UE, les Etats membres de l'UE et des pays tiers. Cependant, il faut faire davantage pour lutter contre les trafics en tous genre, y compris le trafic de drogue, ainsi que dans les domaines de l'éducation et de la liberté de la presse.
Les délégations saluent enfin le rôle de l'Albanie pour la stabilité et la paix de la région. Elles notent que l'Albanie a signé divers accords avec les autres pays des Balkans et qu'elle est un membre actif au sein de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Elles insistent sur la nécessité d'une coopération régionale accrue pour résoudre de nombreux problèmes récurrents dans ces pays et, pour conclure sur une note positive, elles "soulignent que la région a à présent une claire perspective européenne".