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Bulletin Quotidien Europe N° 8843
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Appel aux grandes économies afin d'enrayer l'envolée de l'euro - Décision de la Commission sur les déficits excessifs français et allemand la semaine prochaine

Bruxelles, 07/12/2004 (Agence Europe) - L'analyse de la situation économique a conduit les ministres de la zone euro à se déclarer "confiants que l'amélioration de la situation économique de la zone euro se poursuivra à un rythme ferme, bien que plus modéré". Se félicitant de la baisse des prix du pétrole, ils ont formulé la même opinion sur les taux de change qu'il y a un mois, mais ont lancé un appel un peu plus insistant aux "grandes économies". A propos des données statistiques grecques, les ministres des Douze ont brièvement discuté la communication de la Commission, mais c'est lors du Conseil Ecofin de mardi qu'ils ont, à 25, adopté des conclusions sur le partage des responsabilités dans cette affaire. Pour empêcher toute nouvelle dérive de ce type, la Commission fera ses propositions sur le renforcement de la gouvernance statistique, le 22 décembre, a annoncé le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires. Joaquin Almunia a aussi indiqué que les procédures pour déficit excessif en cours contre dix Etats membres allaient être suspendues pour six d'entre eux (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Malte, Chypre et Pays Bas) et que la Commission achèverait son examen de la situation des quatre autres d'ici la fin de l'année (France, Allemagne, Grèce et Hongrie). La Commission émet des doutes sur les chiffres du déficit italien depuis 1997.

"Nous sommes quelques peu plus préoccupés que lors de nos prévisions d'octobre, étant donné que certains risques à la baisse pourraient se matérialiser" (pour les prévisions, voir EUROPE du 28 octobre), a reconnu le Commissaire Almunia, en soulignant le ralentissement de la croissance au troisième trimestre (+0,3%) et la baisse des exportations nettes. Il estime néanmoins que "les conditions d'une reprise de la demande intérieure sont en place", mais son sentiment général est conforté par les récentes prévisions de la BCE qui ont revu la croissance à la baisse, autour de 1,9% en 2005 (EUROPE du 3 décembre, p.11). Dans une nouvelle déclaration sur l'appréciation de l'euro, les ministres, la Commission et la BCE réaffirment que les "récents mouvements brutaux des taux de change ne sont pas les bienvenus". Ensemble, ils lancent un appel un peu plus direct, surtout adressé aux Etats-Unis: "Tous les pays et les zones économiques majeurs doivent jouer leur rôle plus activement pour réduire les grands déséquilibres et adopter des politiques économiques appropriées". Sans évoquer une éventuelle intervention, ils ajoutent encore: "Nous surveillerons la situation de près". Pour le nouveau ministre français de l'Economie et des Finances, Hervé Gaymard, les choses sont claires: "Il ne s'agit pas d'un euro fort mais d'un dollar faible (…) et le lien fixe entre le dollar et les monnaies asiatiques a aggravé la situation". Interrogés sur l'évolution de la situation, Jean-Claude Trichet et Gerrit Zalm ont souligné de concert "le consensus sur les travaux" qui doivent être faits de part et d'autre, le président de l'Eurogroupe affirmant que "les Etats-Unis doivent augmenter leur épargne et l'UE doit progresser dans les réformes économiques fondamentales". Et de légitimer la politique de la BCE en affirmant que "l'Eurogroupe soutient la position de la BCE sur les taux".

A propos des procédures pour déficits excessifs, les Pays-Bas avaient déjà obtenu l'assentiment du Commissaire et des ministres sur les mesures permettant de revenir sous les 3% en 2005 (EUROPE du 22 octobre, p.8). Le Commissaire Almunia a annoncé qu'avant la fin de l'année, cinq des six nouveaux Etats membres, devraient eux aussi être tirés d'affaire. Ne participant pas à l'Union économique et monétaire, ils dérogent de toute manière à la règle du retour à l'équilibre en un an et disposent de calendriers plus souples. Selon les délais prévus dans leurs programmes de convergence (EUROPE du 25 juin), Chypre doit retrouver l'équilibre en 2005, Malte en 2006, la Pologne et la Slovaquie en 2007 et la République tchèque en 2008.

Le cas de la Hongrie, qui a également prévu de respecter le seuil de 3% en 2008, n'est pas encore tranché, mais le sera avec celui de la Grèce d'ici la fin de l'année. Comme pour les six nouveaux Etats membres, le Conseil avait constaté un déficit excessif en Grèce lors de sa réunion de juillet (EUROPE du 6 juillet). Compte tenu de l'ampleur de la révision des chiffres intervenue depuis, les mesures du gouvernement devront être exemplaires, si le ministre George Alogoskoufis veut atteindre son objectif et ramener le déficit de 5,3% en 2004 à moins de 3% en 2005.

Les procédures contre la France et l'Allemagne, entre parenthèses depuis novembre 2003, seront examinées par la Commission la semaine prochaine. M. Almunia a simplement indiqué: « Nous devons évaluer si ces pays sont sur la bonne voie », mais, lors d'une conférence de presse séparée, le ministre français a annoncé: "Le Commissaire nous a fait part de son intention de proposer le 14 décembre la suspension de cette procédure de déficit excessif". M. Gaymard a aussi réitéré son objectif de croissance de 2,5% l'année prochaine en expliquant que « nous avons tous les moyens ».

En revanche,"l'Italie et le Portugal ne sont pas dans la liste, mais leurs déficits se rapprochent dangereusement des 3% et les prévisions pour 2005 s'annoncent difficiles", a prévenu M. Almunia, rappelant au passage son inquiétude quant aux mesures de réduction d'impôts du gouvernement Berlusconi. Plus grave, les chiffres budgétaires italiens sont à leur tour mis en cause dans un rapport que la Commission a présenté à l'Eurogroupe. Comme pour la Grèce, ce document ferait état d'un déficit italien régulièrement supérieur aux 3% entre 1997 et 2003, indiquait mardi le Financial Times. Sans parler pour l'instant de sous-évaluation de la même ampleur qu'en Grèce, la Commission se donne le temps d'approfondir la question avec les autorités italiennes (EUROPE y reviendra).

Enfin, les ministres ont tranché la question des pièces de un et deux centimes d'euros en soulignant qu'elles continueront à avoir cours légal, mais qu'un accord entre vendeurs et acheteurs peut permettre de recourir à l'arrondi. Ce procédé est actuellement utilisé en Finlande et aux Pays-Bas, mais si un pays souhaite l'établir par voie législative, "il devra revenir devant l'Eurogroupe", a précisé M. Zalm.

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