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Bulletin Quotidien Europe N° 8843
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/defense

Le Luxembourg veut contribuer à doter l'UE des capacités militaires et civiles nécessaires pour lui permettre d'intervenir dans des zones stratégiques pour sa sécurité

Bruxelles, 07/12/2004 (Agence Europe) - Définir rapidement les nouveaux besoins de l'UE en matière de capacités militaires et pousser à la mise en place de la cellule de planification des opérations civiles et militaires de l'UE: voilà deux des initiatives que prendra le ministre luxembourgeois de la Défense Luc Frieden pour "continuer à concrétiser" la politique européenne de défense (PESD), lorsque son pays assumera la Présidence de l'UE à partir du 1er janvier 2005. Dans un entretien accordé à Nouvelles Atlantiques, M. Frieden affiche sa confiance dans la volonté de tous les Etats membres de l'UE à poursuivre le développement de la PESD. Selon lui, "aujourd'hui (…) il n'y a plus de frein" à la construction d'une Europe de la défense mais seulement "des habitudes nationales qu'il faut coordonner, des traditions militaires qu'il faut mettre ensemble".

Combler les capacités militaires de l'Union européenne est, avec la lutte contre le terrorisme, une des priorités de la future présidence de l'UE dans le domaine de la Défense. C'est pourquoi, le Luxembourg a l'intention de faire "un pas supplémentaire vers l'objectif 2010" de l'UE (le « Headline goal 2010 » qui définit de nouveaux objectifs en matière de capacités militaires). Dans ce contexte, il est "essentiel que nous ayons rapidement un catalogue des besoins" pour pouvoir déterminer, et combler, les lacunes de l'UE. Aux yeux du ministre luxembourgeois, il est par ailleurs impératif de "restructurer nos industries de défense et veiller à ce que le développement et l'acquisition des moyens militaires se fassent de façon plus rationnelle", une tâche qui ressort de l'Agence européenne de la Défense.

A défaut d'une augmentation des budgets consacrés à la Défense, que M. Frieden juge peu probable dans un avenir proche en raison de la situation budgétaire "difficile" de beaucoup d'Etats membres, il serait néanmoins "dangereux de réduire les budgets" actuels en raison des menaces auxquelles l'UE est confrontée, en particulier le terrorisme. A terme, cependant, un effort budgétaire s'avérera nécessaire et, dans ce contexte, le Luxembourg montrera l'exemple. "Notre effort par le passé n'a pas été, je crois, à la hauteur de ce que nos partenaires peuvent attendre de nous et donc nous comptons augmenter notre budget" consacré à la défense, actuellement de 0,8% du PIB, pour aller "au-delà de 1%" durant les prochaines années. Une augmentation qui sera combinée à une réforme de l'armée afin d'offrir à l'UE une armée "petite" mais "spécialisée".

Parallèlement au développement des capacités militaires, le Luxembourg veut renforcer les capacités civiles de l'UE, qu'il juge indispensables pour contribuer à la mise en place d'un Etat de droit dans le pays où une mission militaire a été déployée. "Je crois que presque partout où nous envoyons une force militaire, il est impensable que la force militaire se retire du jour au lendemain sans nous occuper aussi des aspects de sécurité intérieure dans ces régions", a expliqué M. Frieden. Pour lui, toute mission militaire devrait être suivie d'une mission de police, comme ce fut le cas en Macédoine et comme l'UE devrait le faire au Kosovo, une fois que la mission SFOR de l'OTAN aura achevé son mandat.

Avec cet objectif de renforcement des capacités à la fois militaires et civiles de l'UE, la mise en place de la cellule de planification des opérations civiles et militaires de l'UE, un "élément indispensable si on veut faire des interventions militaires européennes", sera naturellement une des priorités de la Présidence luxembourgeoise. Pour M. Frieden, cette cellule rend même obsolète la création d'un quartier général européen, une idée lancée en avril 2003 lors du mini-Sommet organisé à Bruxelles par la Belgique avec la France, l'Allemagne et le Luxembourg. "Je crois que tous reconnaissent aujourd'hui la nécessité d'une cellule" et que "il n'y a plus besoin de revenir à ces idées" d'établir à terme un quartier général européen, estime M. Frieden.

Tout en défendant le développement de la PESD, le Luxembourg souhaite que la construction d'une Europe de la Défense se fasse dans le cadre de relations fortes entre l'UE et ses partenaires stratégiques comme l'OTAN et les Etats-Unis. L'UE doit par ailleurs consolider son partenariat avec la Russie et s'impliquer davantage chez ses voisins comme dans les Balkans, qui "font partie de l'Europe mais qui ne sont pas encore à 100% stables", et l'Ukraine car "ce qui se passe chez eux a une incidence chez nous". Elle doit en outre "s'occuper, avec les Etats-Unis, du Proche-Orient" car c'est un conflit "qui a des incidences énormes sur notre sécurité". Au-delà de ces zones stratégiques, et notamment en ce qui concerne le continent africain, toute implication de l'UE doit être prudemment envisagée. "Je crois que nous ne pouvons pas être présents partout", estime M. Frieden pour qui l'élément décisif sera les conséquences d'une crise sur l'UE. De toute façon, toute opération militaire de l'UE sur "d'autres continents" ne doit être envisagée que "dans des cas exceptionnels", a-t-il conclu.

 

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